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CHAPITRE VII

LES KHALIFES OMÉYADES 231

cience très attentive comme chef de grande nation.

Le règne de ce khalife marque une différence considérable avec les précédents, qui consiste dans le changement de la capitale : celle-ci n’est plus à Médine, mais à Damas. La ville d’origine de l’Islam, la ville du Prophète, cesse d’être le centre du monde islamique. Ce centre sort de la région arabe et se transporte en ancien pays byzantin, à Damas. Ce changement n’a pas été précisément calculé, de la part de Mo‘âwiah : il découlait des circonstances. Ayant été gouverneur de Syrie pendant de longues années, Mo'âwiah avait avantage à rester dans un pays où il était connu et aimé. Mais il accepta aisément cette conclusion et son esprit n’en fut point troublé ; la supériorité religieuse de Médine ne le gênait que fort peu. Il commit même à l’égard de cette ville presque un sacrilège. Pour rehausser le prestige de Damas, il voulut y faire transférer la chaire, le minbar du Prophète, qui était à Médine. Les éléments, disent les historiens, l’empêchèrent de réaliser ce dessein : comme on emportait la chaire, le ciel se troubla, le soleil s’éclipsa et les étoiles parurent en plein jour ; Mo'âwiah la fit remettre à sa place en se contentant d’y ajouter six marches.

A Damas le khalife se trouvait dans une con-

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trée imprégnée d’influence byzantine. Il n’y voyait pas d’inconvénient. Comme l’avait été Mahomet, il était dans une certaine mesure porté vers l’hellénisme. Quand il était gouverneur de Syrie, il avait entretenu d’excellentes relations personnelles avec l’empereur Héraclius. C’est le parti d’Ali qui représenta dès lors et continua à représenter dans la suite la tradition persane.

Un autre changement des plus considérables réalisé par ce prince, le fut dans le mode de transmission du pouvoir : il supprima l’élection et établit l’hérédité. L’élection avait donné des résultats désastreux. Ni Mahomet, ni Omar, les deux génies législateurs de l’Islam, n’avait su apporter de solution sur ce point fondamental : comment se transmet la souveraineté ? On croit même que Mahomet avait admis l’idée que ses successeurs se battraient entre eux et que la décision serait laissée à la force. Omar n’aimait aucun des candidats possibles après lui ; il n’en désigna point, comme l’avait fait Abou Bekr. Il nomma seulement un conseil de six électeurs chargés de choisir le khalife. Ce système, moins démocratique au reste que la plupart des institutions islamiques, fonctionna mal. Plusieurs électeurs, au lieu de voter se démirent. Mo‘âwiah consacra une bonne part de sa finesse politique et aussi un peu de la

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