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CHAPITRE VII

LES KHALIFES OMÉYADES 235

tins firent voile vers la Sicile, où l’amiral vaincu fut mis à mort par les habitants. Le récit de cette affaire est fort ridicule dans la recension persane du Tabari, et, d’après Théophane, l’événement aurait eu lieu à une date postérieure.

Parvenu au khalifat, Mo'âwiah continua à s’intéresser à la marine. Ses luttes contre les Grecs comportèrent des campagnes de terre et de mer. Sur mer les Musulmans furent extrêmement hardis (1). Tandis que sur terre ils ne dépassaient pas Tyane ou l’Arménie, ils allèrent par mer jusqu’à Constantinople. En l’an 50, des forces imposantes furent débarquées devant la capitale byzantine ; mais elles eurent beaucoup à souffrir de privations et de maladies et échouèrent. C’est dans cette expédition que mourut Eyoub, en voulant placer sur le sol grec l’étendard du Prophète. Il tomba, croiton, à l’endroit où s’élève aujourd’hui, au fond de la Corne d’Or, la mosquée très vénérée qui porte son nom.

Dans ce siège les Grecs repoussèrent surtout les assaillants à l’aide du feu grégeois qui venait d’être inventé. « Callinique (2) avait emprunté aux peuples de l’Asie les compositions incen-

1. Lammens, loc. cit., 2e série, p. 171 ; Muir, loc. cii., p. 310.

2. Reinaud et Favé, Du Feu grégeois, des feux de guerre, etc., Paris, 1845, p. 209.

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diaires qu’il porta aux Grecs vers l’an 670... Les Grecs durent à cet art de nombreuses victoires navales. Leur feu était une arme terrible dans la guerre maritime, à une époque où les navires étaient obligés de s’approcher de près pour se combattre. » Ces feux servaient aussi à incendier les machines de siège. Les auteurs que nous venons de citer les croient empruntés à la Chine.

Un peu plus tard, sous Soléïman, eut lieu un autre siège de Constantinople par les Musulmans. Il n’eut pas plus de succès. Il fut levé à la mort de ce khalife (99 H.).

Quoique habitant Damas, Mo'âwiah fit faire à La Mecque et à Médine d’importants travaux (1). « Il ne recula pas devant d’énormes dépenses pour creuser des puits, créer des jardins à ‘Arafah et jusque dans la stérile vallée de La Mecque. Il y éleva des digues contre les inondations soudaines causées par les trombes hivernales, construisit des fontaines avec des réservoirs pour arroser les propriétés voisines. Ces mesures transformèrent les environs de La Mecque. » Il avait de vastes propriétés au Hedjâz. Un intendant spécial régissait ces domaines. Pour les arrondir il ne craignit pas de recourir à des expropriations, même quand le possesseur était

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