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Le Mostatraf, II, p

LES PENSEURS DE L’iSLAM

le monde se les rappelle » dirent-ils, et ils lui conseillèrent de la faire mettre à mort. Mais Mo'âwiah la fit mander par son chargé d’affaires à Koufah, et commanda qu’on la lui amenât dans un palanquin doublé de soie ouatée et entouré d’une brillante escorte. Quand elle fut en sa présence : « Te rappelles-tu, lui demanda le khalife, les paroles que tu as dites à la journée de Siffîn, quand, montée sur un chameau rouge, tu te tenais sur le front de bataille, attisant le feu de la guerre et excitant nos ennemis au combat ? - — Prince des croyants, répondit cette espèce de voceratrice, la fortune est changeante. La tête du serpent est morte et la queue a été coupée. Sage est celui qui prévoit la suite des événements. — Tu dis parfaitement vrai, reprit Mo'âwiah ; et quant à tes paroles je les ai retenues. Voici ce que tu criais : « O valeureux guerriers ! un flambeau n’est rien devant le soleil ; les étoiles pâlissent devant la lune. Le mulet ne peut lutter de vitesse avec le coursier de race et le fer seul entame le fer... O troupe des Mohadjirs et des Ansars, courage ! Déjà je crois voir la concorde rétablie, la justice éclatant au grand jour, la vérité terrassant l’erreur. Le menteur ne va point de pair avec l’homme sincère, le croyant avec l’impie. Chargez, chargez le cœur inébranlable. Engagez le combat. C’est une journée comme il n’y en aura plus ! C’est

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