‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 137 sur 235 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LES KHALIFES OMÉYADES 241

l’heure pour les femmes de se teindre de henné, pour les hommes de se teindre de sang ! — Telles furent tes paroles, ô Zarka. » La poétesse s’inclina devant le khalife. Celui-ci la renvoya à Koufah en lui assignant un fief d’un revenu de 10.000 dirhems.

Un jour que le peuple discutait (1) pour savoir s’il reconnaîtrait Yézîd comme héritier présomptif, plusieurs orateurs ayant déjà parlé, un arabe se leva et tirant son sabre, il désigna Mo'âwiah : « Le Prince des Croyants, dit-il, c’est celui-ci » ; puis désignant Yézîd : « S’il meurt, ce sera celui-là » ; puis montrant son sabre : « Et quiconque n’est pas de cet avis, ajouta-t-il, voilà pour lui. — Par Dieu, dit en riant Mo‘âwiah, tu es le prince des orateurs ! »

L’ensemble de ces anecdotes donne un sentiment très vif de la familiarité qui existait alors entre le souverain et son peuple, de l’esprit très démocratique et égalitaire qui animait ce vieil impérialisme musulman.

Au physique Mo‘âwiah était très corpulent comme nous l’avons vu. Il était grand, gros et bon mangeur. Mais il savait paraître en public.

Son extérieur, dit Lammens (2), était imposant au point de faire perdre contenance, quand on l’abordait pour la première fois. Il

Page 1