Lammens, loc. cit., lre série, p
242 LES PENSEURS DE L’iSLAM
provoquait l’admiration générale les jours de réception officielle ou lorsque, coiffé du turban noir des grands jours, les paupières teintes de kohl, il montait dans le minbar de Damas pour ouvrir la diète de l’empire. »
L’Islam a eu conscience des services que ce grand khalife lui a rendus, et ses historiens l’ont regardé comme le modèle des rois. Mas'oudi trace de l’emploi du temps chez Mo‘âwiah (1) un tableau qui paraît un règlement idéal à l’usage des bons souverains et dont nous citons pour terminer quelques lignes : « L’usage de ce prince était de donner 5 fois audience en 24 heures. » Cela semble beaucoup. « Dès qu’il avait récité la prière de l’aurore, il recevait son rapporteur et écoutait la lecture des rapports ; puis on lui présentait son Coran et il en lisait une section. Ensuite il s’occupait d’affaires, disait une prière de 4 rak'ah (génuflexions) et entrait dans la salle de réception. Là il recevait d’abord ses plus intimes favoris, puis ses ministres, et causait avec eux jusqu’à ce que le soleil fût un peu élevé sur l’horizon. On lui apportait alors son premier déjeuner, qui se composait d’un reste du dîner de la veille, d’un agneau froid, d’un poulet, ou de quelque mets de ce genre. Suivait une longue causerie après laquelle il prenait un peu de repos. Il ressortait