‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 141 sur 235 · Lammens, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Lammens, loc. cit., p

mac ; une troisième pour les mettre d’accord. » La troisième bue : « Tu me laisses danser sur trois pieds, dit-il ; une quatrième coupe est indispensable pour me remettre en équilibre. » Après ce début Ahtal récita sa pièce qui, au surplus, ne paraît pas mériter de tels préparatifs.

La rivalité était ardente entre les trois poètes, et nombreuses sont les discussions qui eurent lieu sur leurs mérites respectifs, entre leurs admirateurs. On en débattait même dans les camps. Il arriva que deux tribus arabes qui étaient sur le point d’en venir aux mains retardèrent un moment le combat pour avoir le temps de se demander leurs opinions respectives sur la question de savoir quel était le plus grand d’Ahtal, de Djérîr ou de Farazdaq.

On cite quelques très beaux mots d’‘Abd el- Mélik (1). Un jour qu’il recevait un courtisan, il lui dit : « Je t’ai accordé cet entretien à la condition que tu laisseras de côté trois choses : la flatterie, car je me connais mieux que personne ; la médisance, car je ne consentirais pas à l’écouter ; et le mensonge, car un menteur ne mérite aucune considération. — En ce cas, dit le courtisan, je n’ai plus qu’à me retirer. — A ton aise », fit le khalife. — Un gouverneur vint le voir, qu’on accusait d’avoir reçu

Page 1