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CHAPITRE VII

LES KHALIFES OMÉYADES 251

El-Heddjâdj, fils de Yousof, naquit probablement en l’an 41 (661 Ch.), sous le règne de Mo‘âwiah. Il appartenait à la tribu arabe de Thakîf par son père et par sa mère. Cette tribu avait son centre à Tâïf, petite ville commerçante, riche et fortifiée, située à une journée de La Mecque. La légende a envahi son enfance. Elle le fait naître laid, difforme et bizarre, un peu comme le Merlin des épopées bretonnes. Il était, paraît-il, quand il vint au monde, fermé par derrière, et il refusait de prendre le sein. Il fallut que le diable, sous la figure d’un médecin compagnon de Mahomet et qui était mort quelque vingt années auparavant, apparût et prescrivît une ordonnance comme on en trouve dans les livres de magie noire : Egorger trois jours de suite un chevreau, un bouc et un serpent noirs et en faire boire le sang à l’enfant, en accompagnant le remède de fumigations appropriées. Le quatrième jour, l’enfant consentit à téter.

D’après sa naissance, Heddjâdj devait être de pure race arabe. Cependant il était, dit-on aussi, et ceci semble un peu contradictoire, de basse condition. Ses ancêtres portaient des pierres, cherchaient des sources et creusaient des puits dans les vallées voisines de Tâïf, métiers réservés aux esclaves. Quant à lui, il fut d’a* bord instituteur, et il apprit à épeler le Coran aux enfants de sa ville natale. Or la charge

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d’instituteur était plutôt réservée aux affranchis et, avant l’Islam du moins, aux Chrétiens et aux Juifs.

Quoi qu’il en soit de ses origines, ses talents ne tardèrent pas à se manifester. Il entra dans la police à Damas, et bientôt après, il recevait la mission de rétablir la discipline dans l’armée Khalifale. Les soldats retardataires furent par son ordre fouettés et eurent leurs tentes brûlées. L’armée se dirigea vers l’Irâk, où il s’agissait de mettre fin à la révolte du gouverneur Mos‘ab. Une bataille, dans laquelle Heddjâdj dut jouer un rôle important, eut lieu à Maskin sur les bords du Dodjaïl, près du couvent du Catholicos. Mos‘ab, abandonné des siens, tomba sur le champ de bataille (72).

A la suite de ce succès, Heddjâdj demanda et obtint d’aller réduire Ibn Zobéïr,l’Alide, qui s’était rendu indépendant à La Mecque. Il n’hésita pas à renouveler le sacrilège du Khalife Yézîd Ier qui, quelques années auparavant, avait bombardé et brûlé la Ka'bah. Il porta la guerre sur le territoire sacré pendant les mois sacrés, et disposa ses machines de guerre sur les hauteurs dominant la ville sainte. On le voyait sur le mont ‘Arafat, à cheval, couvert du casque et de la cotte de mailles. En vain le Khalife ‘Abd el-Mélik lui avait recommandé de ne pas effrayer les oiseaux du sanctuaire, de ne pas en

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