Les Prairies d'Or, t. IV, p
LES PENSEURS DE L’iSLAM
et sur ses épaules. Il tenait un étendard. » Devenu aveugle dans sa vieillesse, on dit qu’il avait perdu la vue à force de pleurer Ali, Hasan et Hoséïn. Il mourut retiré à Tâïf près de La Mecque en 68 ou 69, âgé de 71 ans.
On lui attribue entre autres la tradition sur l’âge du Prophète, des conversations sur le caractère des Arabes et des premiers Khalifes, des traditions sur certaines légendes comme l’oiseau Anka, la chimère Boraq, etc...
Lammens, dans ses profondes études sur Mo- ‘âwiah (1), a abîmé Ibn ‘Abbâs. Il en fait un homme peu sûr, avide d’argent et bassement courtisan. Omar lui reproche son manque de scrupule. Gouverneur de Basrah pour Ali, il trahit ce Khalife en quittant son poste avec la caisse de l’Etat ; Ali lui en adresse de violents reproches. Plus tard, commandant des troupes de Hasan, il n’hésite pas à se vendre à Mo£âwiah. Aussitôt après l’abdication de Hasan, au mépris des convenances les plus vulgaires, il va faire sa cour à Mo‘âwiah ; on le trouve constamment à la cour de Damas : « C’est bien le type du courtisan empressé et surtout intéressé. » Le jour de la mort de Hasan, qui le rendait le chef de la famille des Hâchimites, Mo'âwiah lui envoie des condoléances. Il y répond par une basse