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CHAPITRE VIII

LA TRADITION

flatterie ; Mo‘âwiah le récompense par un cadeau de 100.000 dirhems.

Ibn ‘Àbbâs déconseilla le départ de Hoséïn pour l’Irâk et l’expédition où devait périr ce malheureux fils d’Ali. Lammens parle encore de sa cupidité, de « sa verve insolente », et ajoute « qu’il ne craignait pas, pour se procurer de l’argent, de torturer les versets du Coran ».

Malgré cela, l’éminent critique reconnaît son importance comme traditionniste. Ibn ‘Abbâs dit-il, s’occupait de l’étude et de la diffusion des hadîth ; il s’en servait pour grouper des partisans, en vue de préparer le triomphe des Abbassides. A la fin du règne de Mo'âwiah, on le voit s’adonner surtout à des travaux d’exégèse et de casuistique islamique, auxquels il joint l’étude de la poésie. On admire sa science ; il reçoit le surnom de « mer » à cause de l’étendue de ses connaissances. La tradition qui le vénère, va jusqu’à lui attribuer le don des miracles.

Ayéchah, l’épouse favorite du Prophète, plus tard la Mère des Croyants, est une importante personnalité à l’origine de l’Islam, importante en particulier dans la science des traditions. C’est chez elle que le Prophète mourut et qu’il fut enterré ; c’est elle, en même temps qu’Ibn ‘Abbâs, qui donne le hadîth sur l’âge de Mahor

LES PENSEURS DE L’iSLAM

met. On lui doit aussi la tradition sur la sépulture d’Abou Bekr, portant qu’elle est placée auprès de celle du Prophète à Médine.

Ayéchah était la fille d’Abou Bekr. Mahomet l’épousa tout enfant, à l’âge de 6 ou 7 ans (1). L’engagement fut pris à La Mecque, après la mort de Khadîdjah et quelque temps avant i’hégire. Mais le mariage ne fut consommé que 7 mois après l’hégire. Elle pouvait alors avoir une dizaine d’années. Les dates ici ne concordent pas tout à fait. Ayéchah dit elle-même qu’elle avait 18 ans à la mort du Prophète ; c’est trop peu. Elle mourut presque septuagénaire à Médine sous le règne de Mo'âwiah, l’an 58 de l’hégire. Ab ou Horéïrah fit la prière à ses funérailles.

Cette mère de l’islamisme sunnite fut constamment hostile à Ali. Cette hostilité se manifeste dès le temps de la vie du Prophète (2). Si celui-ci témoigne à Ali, son gendre, trop d’affection, Ayéchah se plaint bruyamment : « Tu ne m’aimes pas, clame-t-elle assez haut pour pouvoir être entendue du dehors ; tu nous sacrifies à Ali, moi et mon père Abou Bekr ! » C’était déjà le chiisme commençant dans la maison même de Mahomet.

Dans la grande lutte entre Ali et Mo‘âwiah, Ayéchah encouragea la révolte contre l’autorité

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