‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 158 sur 235 · Lammens, Etudes sur Mo'âwiah, 2e série, p · texte numérisé non relu

Lammens, Etudes sur Mo'âwiah, 2e série, p

On peut se demander s’il convient vraiment de faire entrer le célèbre recueil de Bokhari sur les traditions islamiques, le Sahîh, dans un travail consacré aux œuvres de pensée. La pensée, le sens philosophique y tiennent assurément beaucoup moins de place que la mémoire, la minutie et le scrupule. Des traditions parfois bizarres, puériles ou même d’une barbarie choquante, sont rapportées telles quelles, sans être accompagnées d’aucune remarque ou d’aucun commentaire qui en rehausserait l’intérêt. L’ouvrage n’en est pas moins un grand témoignage de piété musulmane, un fait de mémoire peu ordinaire, et, somme toute, une mine assez riche de renseignements et de notations suggestives. Sa place d’ailleurs dans l’histoire de l’Islam, la vénération dont il est entouré et son influence sont telles que force nous est de classer son auteur parmi les plus grands.

Bokhâri a écrit un autre ouvrage, le tarîkh el-kébîr, dans lequel probablement il nous apparaîtrait plus intellectuel. Il y donne la biographie des auteurs de traditions ; il y étudie leur caractère, leur genre d’esprit, leurs mœurs, et cherche à mesurer la valeur de leur autorité et le degré de confiance qu’on peut avoir en eux. C’est là aussi qu’il explique la méthode pour

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