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CHAPITRE VIII

LA TRADITION

nombre, la peine est réservée pour « les châtiments prescrits par Dieu », c’est-à-dire pour les cas légaux.

Dans le cas de meurtre, le Coran avait admis le talion. « Ibn ‘Abbâs a dit: Le talion existait chez les Bénou Israël, mais non la composition (il veut dire qu’on ne payait pas le prix du sang). Mais le Coran a dit aux croyants : «... La peine du talion vous est prescrite pour le meurtre... Celui à qui remise sera faite de cette peine par son frère, etc... » (Sourate II, verset 173). Cette remise consiste, explique Ibn ‘Abbâs, à accepter le prix du sang pour le meurtre intentionnel. D’après ‘Abdallah Ibn Mas‘oud, le Prophète a dit : « Il n’y a que trois cas dans lesquels on puisse verser le sang d’un musulman, à savoir : le coupable de meurtre, l’adultère marié et l’apostat qui abandonne la communauté musulmane. » Celui qui plonge un regard indiscret sur la maison d’autrui et à qui on crève un œil, n’a pas droit au prix du sang. D’après Abou Horéïrah, le Prophète a dit : « Pas de prix du sang pour blessures provenant d’un animal, d’une chute dans un puits ou dans une mine. Pour les trésors enfouis, la dîme est du cinquième. »

On voit que c’est là un matériel un peu décousu, parfois incohérent, insuffisant sans doute sur certains points, surabondant sur d’autres, que Bokhâri et ses émules se sont efforcés de

LES PENSEURS DE L’iSLAM

recueillir et d’arranger dans un ordre pratique. Telle est la base du droit de l’Islam.

On remarquera, en lisant ce recueil, que l’autorité du Prophète est souvent recherchée dans d’autres matières que la foi ou la jurisprudence. On rencontre ainsi pas mal de hadlih sur l’éducation, sur les vêtements, sur la politesse, voire sur la médecine ; de ces derniers, plusieurs sont curieux :

« Lorsque le casque de l’envoyé de Dieu, dit un hadîth , fut brisé sur sa tête (au combat d’Ohod), que son visage fut tout ensanglanté et ses dents cassées, il alla chercher de l’eau dans son bouclier, et Fâtimah se mit à laver le sang qui couvrait son visage ; puis voyant que le sang coulait en abondance, elle alla prendre une natte, la brûla et en appliqua les cendres sur la blessure de l’Envoyé de Dieu. Alors le sang cessa de couler. » — Une femme croyante vint trouver le Prophète avec un de ses fils malade d’une angine, auquel elle avait mis un tampon pour le guérir : « Pourquoi fourrez-vous ce tampon à cet enfant ? fit le Prophète. Employez donc le bois indien, qui est le remède à sept maladies, entre autres à la pleurésie. » Il voulait parler du costus. Il est encore question ailleurs de ce bois indien : « On le prend par les narines en cas d’angine, dit Mahomet, et par un coin de la bouche, en cas de sciatique. » Voilà une forme de

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