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CHAPITRE VIII

LA TRADITION

réclame que pourraient envier certains de nos pharmaciens modernes.

Un hadîth prête au Prophète l’opinion bizarre qu’il n’y a point de contagion : « Il n’y a ni contagion de maladie, ni choléra, ni chouette, aurait dit Mahomet, d’après Abou Horéïrah. — Envoyé de Dieu, s’écria un bédouin, comment se fait-il alors que mes chameaux, qui sont comme des gazelles dans la dune, soient infectés de gale quand un chameau galeux vient se mêler à eux ? — Et qui a contaminé le premier chameau ?» répondit, assez faiblement au reste, le Prophète.

L’on voit donc qu’on peut trouver pas mal de choses dans ces grands recueils de traditions arabes. Ils n’intéressent pas seulement l’histoire de la religion et du droit ; le folklore, la psychologie, la science des mœurs, des croyances, des coutumes, ont beaucoup à glaner aussi dans

cette sorte d’études.

L’auteur du second Sahîh, Moslem, a fait une œuvre analogue à celle de Bokhâri, dont il fut un contemporain un peu plus jeune, mais il a puisé à des sources quelquefois différentes. Son recueil de traditions est à peine moins vénéré dans l’Islam que celui de Bokhâri.

Son nom complet était Abou’l-Hoséïn Mos-

LES PENSEURS DE L’iSLAM

lem fils d’el-Haddjâdj el-Kochaïri et il tirait son origine de Nîsâbour. On remarquera que la plupart de ces grands traditionnistes musulmans étaient persans d’origine : Bokhâri était de Bokhâra, Moslem de Nîsâbour, Abou Dâwoud, originaire du Sedjestan, Tirmidzi, de Tirmidz sur le Djaïhoun, Nésâï de Nésâ dans le Khorâsan, Ibn Mâdja de Kazwîn : la Perse orientale et le Turkestan est le pays où fleurit le hadîth. Les grands commentateurs Tabari, Zamakhchari et Fakhr ed-Dîn Râzi, c’est-à-dire de Rey, sont persans plutôt du nord de la Perse. Qortobi (Ibn Makhlâd) est une exception. C’était un espagnol, un cordouan, d’origine chrétienne ; il mourut en 276 (889) ; son œuvre sur les traditions est perdue. Un docteur de Basrah, Abou’l-Hasan el-Basri, connu sous le nom d’el-Madîni, fut important dans la science des traditions ; il était l’imam de son siècle, dit Abou’l-Mahâsin (1), pour la connaissance des délits, le redressement des arrêts et l’établissement des motifs. Il mourut en 234. Il compta parmi ses disciples presque tous les grands traditionnistes : Bokhâri, Abou Dâwoud, Ibn Mâdjah, Tirmidzi, Nésâï et le docteur Ahmed Ibn Hanbal. Un docteur persan du nom de Soréïdj (2) fut aussi maître de Bokhâri, de Moslem, de Nésâï, ainsi que d’Ah-

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