CHAPITRE VIII
LA TRADITION
de La Mecque ou Sohéïl fils d’Abou Sâlih ou el- ‘Alâ fils d’‘Abd er-Rahmân ou Hammâd fils de Salamah, la tradition est authentique d’après Moslem et ne^ l’est pas d’après Bokhâri, parce que ces traditeurs remplissent les conditions requises, selon Moslem, et ne les remplissent pas selon Bokhâri. Inversement si la chaîne comprend ‘Ikrimah affranchi d’Ibn ‘Abbâs ou Ishâk fils de Mohammed el-Férâwi ou ‘Amrou fils de Marzouk ou certains autres, Bokhâri les admettra, mais non Moslem.
On a reproché à Moslem de donner des traditions dans son Sahîh d’après des transmetteurs faibles et des intermédiaires de la seconde génération qui ne remplissaient pas les conditions requises pour l’authenticité. Le Cheïkh Abou‘ Amrou répond à ce reproche : d’abord il s’applique à des transmetteurs qui sont faibles d’après d’autres, mais sûrs d’après lui ; ensuite ces défauts n’arrivent que dans les corollaires et les annexes, non pas dans les principes. En effet, la méthode de Moslem consiste à rapporter d’abord la tradition principale avec une chaîne de références choisies, ne comprenant que des gens sûrs, et à poser cette tradition comme principe, asl ; ensuite il la fait suivre d’autres traditions, fondées sur d’autres chaînes de références qui peuvent contenir des transmetteurs faibles, pour la renforcer de corollaires et pour mieux faire sentir l’utilité de la tradition principale.
LES PENSEURS DE L’iSLAM
Des docteurs ont dit : les traditions sont de trois espèces : exactes ou intègres ( sahîh ), bonnes (hasan), ou faibles, et chacune de ces classes a ses subdivisions. La tradition intègre est celle dont la chaîne ne se compose que de transmetteurs justes et solides, sans défaut ni brisure ; tout le monde convient qu’elle est authentique. D’autres disent infirme ( sciqîm ) au lieu de faible ( za‘îf ), et expliquent : l’authentique est celle dont la chaîne est continue et dont la transmission est digne de foi. La bonne est celle dont on connaît l’origine et dont les transmetteurs sont notoires ; celle-là est le pivot de la plus grande partie de la Tradition, et elle est reçue par la plupart des docteurs et utilisée par la généralité des légistes. L’infirme a trois catégories : la pire est l’apocryphe ( maudou‘ ) ; ensuite vient l’invertie, puis l’anonyme ( madjhoul ).
Le premier degré de la tradition authentique consiste à ne rapporter que ce qu’a raconté un compagnon notoire d’après le Prophète luimême ; qui a été ensuite répété par un suivant, traditionniste connu, d’après ce compagnon ; puis par un suivant de la seconde génération, à la mémoire sûre, d’après celui-ci ; et ainsi de suite. Le 2e degré est le même que le premier, si ce n’est que le compagnon n’est suivi que d’un seul transmetteur ; le 3e le même encore, sauf que le suivant n’a eu pour élève qu’un