‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 169 sur 235 · CHAPITRE VIII. - LA TRADITION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. - LA TRADITION

pas égale à celle que cause à Dieu le repentir d’un croyant.

La théorie de la tradition apparaît très poussée et appliquée à la jurisprudence, dans un ouvrage du commencement du XVe siècle Ch. . le commentaire d’Ibn eî-Malak au Manâr (la place éclairée Ja lumière indiquant le chemin) de Neséfi. Ce Neséfi (Hâtiz ed-Dîn) est un jurisconsulte assez fécond de la fin de notre xme siècle (m. 710- 1310 Ch.) (1). Son Manâr a été plusieurs fois commenté ; le titre complet en est : la place lumineuse sur les principes du droit (les asoul). » Sur Ibn el-Malsk on parait peu renseigné : il porte aussi le nom d’Bm Firishtah : il était originaire du Kermàn (m. vers 830-1427).

L’ouvrage dont nous parlons (2). comme tout à l'heure la préface de celui de Moslem. expose une théorie très fme de la critique des traditions et enseigne à les classer selon leur degré de sécurité. Il ne s'agit pas de faire la critique de cha-

1. Ce nJest pas le même que le Xésén. auteur des ‘AqSîd, articl s de foi, qu'il a du reste commentés. Celui-là s'appelait Nedi'med-Din Omar, et est antérieur de deux siècles.

2. Je rédige cet article d’après un ms. en ma possession. On peut voir sur ce sujet Journal c R. A tic

Society , 1S99, p. 742.

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que tradition en particulier, mais de donner une méthode générale permettant d’en apprécier la valeur. La portée du système n’est d’ailleurs pas purement religieuse ; il s’applique aussi au droit. L’intention des auteurs est de mesurer la valeur des témoignages d’après le caractère des témoins et la sûreté de la transmission. Cette forme de critique est fort intéressante. Ce n’est évidemment pas tout à fait la nôtre. La nôtre a moins de règles ; elle est plus subjective ; elle est davantage affaire d’appréciation et de sentiment. Nous la fondons sur une sorte de convenance perçue entre le fait à critiquer et les faits déjà connus ; sur la sensation que le fait proposé rentre dans l’évolution logique de tel événement, dans la psychologie de tel personnage, qu’il est en harmonie avec la situation, les mœurs, les coutumes, les physionomies, la couleur locale. Le problème critique n’était pas tout à fait le même pour les Orientaux. Ils n’avaient pas à reconstituer des civilisations lointaines, comme lorsque nous nous occupons de l’histoire des anciens Hébreux, des Romains, des Assyriens, ou seulement de celle du moyenâge. Tout cela est fort loin de nous, très différent de notre genre de vie, de notre état d’âme et de nos mœurs. Pour les docteurs orientaux, les origines de l’islam n’étaient pas très lointaines ni par le lieu, ni par la psychologie. Mais

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