‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 17 sur 235 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA PERSE AVANT L’iSLAM 29

tant un cheval appelé Gulkoun, c’est-à-dire couleur de rose ou alezan, et se faisant construire des parcs de chasse et des ouvrages d’art. Des sculptures gravées sur rocher (1), appartenant à la période de la Perse antique, celle de Darius, de Xerxès, ont été rapportées par l’imagination populaire à l’époque de Chîrîn, et l’on a vu dans les chevaux de ces bas-reliefs le cheval de Chîrîn, Gulkoun, et Chebdîz, cheval d’Eperwîz.

Quant à Chéroé, après avoir accompli son parricide, il fit encore périr, sur le conseil de son vizir, ses frères au nombre de dix-sept. Mais incapable de supporter l’horreur de tant de crimes, il tomba dans la mélancolie, et mourut après avoir régné seulement 8 mois. Son père lui avait prédit une courte vie.

Dès lors la Perse s’achemine rapidement vers sa ruine. Plus d’une demi-douzaine de souverains se succèdent en l’espace de 5 ou 6 ans. Deux de ces souverains sont des femmes, deux filles d’Eperwîz. La première, dont les intentions furent bonnes, expliqua dans une lettre au peuple son programme de gouvernement. Elle fit rendre à l’empereur grec la Sainte-Croix. Celle-ci fut rapportée en grande pompe à Jérusalem par

1. A Kirmânchah et à Chebdîz dans une gorge de la montagne de Béhistoun. V. Yaqout, Dictionnaire de la Perse, trad. Barbier de Meynard, p. 345 et 438.

LES PENSEURS DE L’iSLAM

l’empereur Héraclius en personne ; 629. Une caravane de La Mecque se trouvait à ce moment dans la ville, conduite par un Mecquois célèbre, Abou Sofian, ancêtre des Khalifes Oméyades. A cette date l’islamisme était formé. On était en l’an 7 de l’hégire.

Après cette poussière de souverains, le dernier des Sassanides monta sur le trône, à peu près au moment où Mahomet mourait. Il s’appelait Yezdedjerd, était petit-fils d’Eperwîz et de Chîrîn. Il vivait à demi caché dans un temple du feu à Istakhr ; on l’en tira pour le faire roi, et on l’amena à la capitale Médaïn. Il était très jeune et peu obéi. Les ennemis pressaient la Perse de toutes parts. L’invasion arabe commença la 2e année de son règne.

Yezdedjerd fit face à la fatalité avec courage et défendit son royaume plus qu’honorablement. Par trois fois, il reforma des armées, reculant vers les régions du Turkhestan, luttant toujours. Cette lutte dura 20 ans.

La première bataille qui donna aux Arabes l’entrée en Perse avait été très acharnée ; elle avait duré 3 jours. Les Arabes avaient ensuite passé l’Euphrate, pris une place forte qui s’était bien défendue, traversé le Tigre et étaient entrés dans Médaïn. Là, ils avaient trouvé les trésors des Sassanides et entre autres choses, un tapis gigantesque de la dimension d’un arpent, sur

Page 1