DU DROIT
On a publié beaucoup d’ouvrages sur le droit musulman, surtout en ces derniers temps (1). Les uns sont des traductions de traités arabes, comme ceux de Perron, de Van den Berg ou de Fagnan ; d’autres sont des manuels comme celui de Juynboll pour le droit châfiite, ou des traités étendus à l’usage des administrations coloniales, des gouverneurs, magistrats, commer-
1. Citons parmi les auteurs qui se sont occupés de l’histoire du droit musulman Mgr Karam, maronite, Santillana, de Rome, E. Carusi. Ce dernier a été violemment critiqué par Nallino dans son ouvrage : Gli Studi di E. Carusi sui Diritti Orientali, Rome, 1921*
LES PENSEURS DE L’iSLAM
çants en pays d’islam, tels ceux de Young, de Morand, de Peltier et Arin, ce dernier pour le droit agricole ; d’autres encore sont conçus plutôt au point de vue de l’érudition : ce sont des études sur l’origine du droit arabe, ses variations, son histoire, ses rapports avec d’autres droits et les influences qu’il en a subies. — Pour nous, nous n’adoptons exactement aucun de ces points de vue ; mais nous gardons en cette matière la même méthode et le même but que précédemment : c’est-à-dire que nous nous proposons de dégager quelques figures saillantes de grands jurisconsultes, capables de représenter d’une manière vivante l’effort de la pensée musulmane en droit ; après quoi, nous analyserons certaines parties de leurs œuvres à titre d’exemples. Cela suffira pour donner une idée du droit de l’islam au lecteur qui ne désire point en connaître davantage, ou pourra servir d’introduction à celui qui aurait l’intention de faire ensuite du sujet une étude plus approfondie.
Je ne me sens pas une compétence bien particulière en ce qui concerne l’histoire du droit et je ne crois pas devoir exprimer sur ce point des opinions personnelles ; mais il peut être utile d’indiquer tout au moins la position de la question, laquelle est aisée à comprendre.
Aux yeux des croyants de l’islam, le droit est intimement lié à la religion ; il est soudé avec