Abou’l-Mahâsin, loc. cit
304 LES PENSEURS DE L’iSLAM
cher d’avoir gardé pour eux le pouvoir et de persécuter leurs cousins Alides. Il put part à la révolte des Alides à Médine en 145 et fut pour ce fait puni de prison (1). On dit aussi que Mansour désira se l’attacher et voulut l’avoir comme Kâdi. Deux nuits de suite, il se jura qu’il l’aurait ; mais Abou Hanîfah refusa et fit serment qu’il n’accepterait pas. Rébî‘, chambellan de Mansour, lui dit : « Tu vois que l’émir des Croyants jure une chose et tu jures le contraire. — L’émir des Croyants, répondit le Docteur, a fait un serment impie ; mais il est plus puissant que moi. » — Selon une autre version, Mansour lui aurait demandé d’accepter la place de Kadi et il s’y serait refusé : « Répugnes-tu à faire notre volonté ? lui aurait dit le Khalife. — Je ne conviens pas pour cette place, répondit l’imam. — Tu en as menti, s’écria le Khalife. — L’émir des Croyants vient de décider contre moi, riposta Abou Hanîfah, car, si je mens, je ne puis être Kâdi, et si je dis la vérité, il est donc vrai que je ne conviens pas. » Ce refus lui attira des persécutions et il fut mis en prison jusqu’à sa mort 150 ou 151 (767).
Il fut enterré dans un cimetière de Bagdad. Plus tard, en 459, un ministre du Sultan Seldjoukide, Malek Shah, fit élever sur son tombeau