CHAPITRE IX. — LA JURISPRUDENCE
une mosquée à coupole, avec une grande école pour les Hanéfites.
Ce docteur avait une belle physionomie ; il était soigné dans ses vêtements et il se parfumait. On n’eût pu trouver un homme plus digne dans l’exercice de ses fonctions, ni de manières plus douces et plus nobles. Il était au reste très pieux. Il fit pendant 40 ans la prière du matin et du soir, avec l’ablution. On dit qu’il récita le Coran en entier 7.000 fois ; il mourut dans une prosternation.
Le grand ouvrage juridique d’Abou Hanîfah s’appelle le Mosnad , nom qui signifie : celui qui est appuyé par les isnâd. Il n’a point été, croiton, écrit par lui, mais recueilli par ses élèves. Son succès fut considérable. Il y en avait au VIIIe siècle 15 recensions que le théologien du Khârezm Abou’l-Moayed Mahmoud réunit en un volume et ordonna d’après les titres du droit (1). On cite aussi de lui un « testament », c’est-àdire des recommandations, adressé à son fils, à ses amis, à Abou Yousouf son élève ; et un autre livre sur les principes du droit, « le grand livre du droit, Kitâb el-fiqh el-akbar », plusieurs fois commenté, mais dont l’authenticité est douteuse. D’ailleurs Brockelmann remarque que la plupart de ses écrits ont dû être rédigés par son