‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 184 sur 235 · Abou’l-Mahâsin, t. I, p · texte numérisé non relu

Abou’l-Mahâsin, t. I, p

LES PENSEURS DE L’iSLAM

med. Mais Réchîd argumenta contre lui et lui donna tort. Mohammed dut quitter la cour jusqu’à ce que la colère du Khalife fût passée. L’autre juge crut devoir dire que le sauf-conduit était nul pour une certaine cause qu’il imagina, et Réchîd le déchira. L’Alide fut jeté en prison où il mourut.

On a reproché (1) à l’école hanéfite son goût exagéré pour la casuistique et l’habitude d. ’exercer ses élèves sur des questions supposées qui ne sont point fournies par la pratique. La souplesse de certains juges, leur ingéniosité à trouver des moyens juridiques pour sortir des cas difficiles, ont été raillées dans une quantité d’anecdotes dont le principal héros est le Kâdi Abou Yousof. En voici un exemple tiré des Mille et une Nuits (2) :

Dja‘far le Barmékide soupait un soir avec Réchîd. Comme ils étaient un peu pris de vin, le Khalife dit à son commensal qu’il savait qu’il venait d’acheter une esclave fort belle qu’il convoitait lui-même, et lui demanda de la lui vendre. Dj a£far refusa. — Alors, donne-la moi,

1. Goldziher, Zâhiriten, p. 16 ; Macdonald, Development etc., p. 97.

2. Nuit 296 ; t. II, p. 105 de l’éd. de 1311. Le Mostatraf contient aussi des anecdotes comiques sur les juges et en particulier sur Abou Yousof.

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