Le Livre de V Avertissement, trad. p
314 LES PENSEURS DE L’iSLAM
med, fils d’cAbd Allah, surnommé « l’Ame pure », se révolta à Médine en 145 contre le Khalife Mansour, ses partisans allèrent trouver Mâlik (1) et lui demandèrent ce que valait le serment de fidélité qu’ils avaient prêté à Mansour. — Il est nul, répondit le docteur, comme ayant été arraché par la force. Ils le prièrent alors de prêter lui-même serment au prétendant Alide ; mais il s’y refusa.
Mas'oudi raconte qu’à la suite de ce fait, quand la révolte eut été vaincue, il fut mis à la torture et durement fouetté, « au point que ses épaules se disloquèrent » (2). Mâlik eut cependant de bonnes relations avec Hâroun er- Réchîd, et il lui écrivit une épître où il lui donnait des conseils sur le gouvernement, comme avait fait Abou Yousof. Cette épître a été imprimée à Boulaq, 1311 H. Lors d’un pèlerinage que Hâroun fit peu de temps avant la mort de Mâlik, il tint à assister à son cours à Médine. L’imam mourut dans cette ville en 179 (795).
L’œuvre principale de Mâlik intitulée le Mowatta (disposé d’une façon commode) est très célèbre tant en Orient qu’en Occident, et elle a joui d’une véritable vénération aux yeux
1. Abrégé persan de Tabari, trad. Zotenberg, t. IV, p. 394 et suiv.