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CHAPITRE IX. — LA JURISPRUDENCE

des Musulmans depuis son apparition jusqu’à nos jours. Ce n’est pas un recueil de traditions, mais plutôt un code de droit ; elle représente le droit du Hedjâz. Elle a pour but de faire connaître la loi et le droit, le rite et la pratique, d’après le consentement général ( Vidjmâ ‘) des docteurs de Médine, et de fixer des points douteux. Elle ne rapporte pas seulement des traditions, mais aussi des décisions, des feiwas autorisés. Cette œuvre est particulièrement intéressante parce qu’elle donne la règle de Médine en face des tendances diverses qui se manifestaient dans les autres régions. Ainsi au sujet des apostats, doit-on les punir de mort après ou sans essai de conversion ? Ce point n’était pas fixé au second siècle. Quelques juristes faisaient une différence entre l’apostat né musulman et le converti devenu apostat. On admit en définitive qu’un essai tenté en vue de produire le repentir chez le coupable était obligatoire pour les juges.

Le droit de Mâlik est moins intellectuel, moins spéculatif que celui d’Abou Hanîfah ; il ne faut cependant pas, comme le remarque Goldziher, le représenter comme tout à fait opposé. Mâlik n’est pas l’adversaire de la spéculation, du raï, pratiquée par les jurisconsultes de l’Irâk ; il en fait seulement un moins grand usage ; t il irakise parfois », a-t-on dit. Les

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théologiens musulmans parlent, à l’occasion, du raï de Mâlik, comme ils parlent de celui d’Abou Hanîfah, et lui-même dans le Mowatta dit souvent : « Mon raï, mon opinion est que... »

Mâlik, selon Macdonald (1), précisa la conception de Vidjmâ‘ (l’accord des docteurs), et lui donna plus de force. Toutefois, ainsi que nous l’avons déjà indiqué, il s’en tint à Vidjmâ1 de Médine et n’appliqua pas ce concept à l’ensemble du monde musulman. Il admit Vistislâh, sorte de variante de 1 ’istihsân d’Abou Hanîfah ; c’est-à-dire que selon lui, on peut décider dans un cas douteux en vue du plus grand avantage public. C’est le sentiment du bien général qui décide ici plutôt qu’une opinion tout à fait personnelle ; il y a une nuance.

L’ouvrage de Mâlik, quoique n’étant pas principalement écrit au point de vue de la tradition, n’en est pas moins une source de grande importance pour les recherches historiques. A ce moment on n’exigeait pas encore dans les traditions une chaîne rigoureuse de transmetteurs. Un bon tiers des paroles ou des traditions qu’il rapporte sont morsal ou maqtou1 , c’est-àdire qu’elles ne remontent pas jusqu’au Prophète, mais seulement jusqu’à un compagnon, ou que la chaîne présente des lacunes. On trouve

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