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CHAPITRE IX. — LA JURISPRUDENCE

Le rite de ChâfTi est toujours dominant en Egypte. Malgré l’extension prise par son école, on ne trouve pas, parmi les successeurs de cet imam, de jurisconsultes aussi marquants que ceux qu’on peut citer dans les autres rites (1). Son principal élève en Egypte fut Mozani, mort en 264 (877). L’école remonta vers le Nord-Est et se divisa en deux branches : celle du Khorâsan et celle de l’Irâk. Zobéïri enseigna le droit à Basrah et à Bagdad (m. 317). Ibn el-Kâss qui enseigna à Amol dans le Tabéristan, est l’auteur d’un traité sur la science du droit (m. 335). Le célèbre théologien et mystique Al-Gazali appartenait à cette école.

Entre les écoles dont nous venons de parler, appelées rites, auxquelles il faut joindre celle de Ibn Hanbal, regardée aussi comme orthodoxe, survinrent des rivalités et des luttes qui allèrent parfois jusqu’à la violence. Nous en donnons

1. Il existe deux ouvrages de Wustenfeld sur cette école : Der Imâm el-Schâfii‘, seine Schiller und Anhsenger bis zum Jahre 300 H., dans les Mémoires de l’Académie de Gottingen, t. XXXVI, 1890 ; — et : die Gelehrten Schâfi(iten des IV Jahrh. d. H. ; id. 1891. — ■ V. sur le droit Châfidte le manuel de Th. W. Juynboll, Handbuch des islâmischen Gesetzes (il y a une traduction italienne), l’ouvrage de E. Sachau, Muhammedanisches Recht nach schafiitischer Lehre , et le traité de Nawâwi, Minhâdj at-Tâlibîn, utilisé au chapitre suivant.

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des exemples en parlant de ChâiTi et de Tabari ; on en trouverait aisément d’autres. Au point de vue doctrinal, les divergences entre ces écoles, quoique ne portant jamais sur les points fondamentaux de la religion, sont assez nombreuses, et leur étude constitue presque une branche spéciale de la science du droit, qu’on appelle « science de I’ikhtilaf », c’est-à-dire de la contestation. Beaucoup d’auteurs ont écrit sur ce sujet : tels sont Châfbi lui-même et Tabari. Le premier a traité dans plusieurs opuscules des différences entre le système de Mâlik et celui d’Abou Hanîfah ; d’autres auteurs plus tardifs, écrivant à un point de vue assez général, comme les commentateurs de Néséfi ou, à l’occasion, les historiens, se sont plu à rapporter sur les points débattus les opinions divergentes des grands imams.

Comme exemple intéressant d'ikhtilâf , on peut citer celui qui a trait à la prise de La Mecque par le Prophète à l’origine de l’islam. La ville a-t-elle été prise de vive force, ou s’est-elle rendue volontairement ? On discute sur ce sujet. Il y a des conséquences différentes en droit selon qu’une conquête est faite de vive force ou résulte d’un arrangement ou d’une capitulation : l’emploi du butin, la situation des habitants et des terres varie. Mas'oudi dans le Livre de VAveriissement dit (p. 351) : « On dispute pour

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