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CHAPITRE IX

Makkari, que la science du droit avait été très cultivée chez les Musulmans d’Espagne. Ibn Hazm tient une grande place chez cet historien (1), qui le regarde comme un des premiers docteurs et lettrés de l’Espagne. « El-Mansour passa les jours de son émirat à Okibah dans la province de Chelb (Huelva ?), et rencontrant là le tombeau d’Ibn Hazm, il s’écria : « Saluons ce lieu d’où est sorti un tel docteur. Tous les savants le cèdent à Ibn Hazm ! » « Cet Ibn Hazm, dit encore Makkari, est Abou Mohammed Ibn Hazm le Zâhirite. Il était né à Cordoue du côté oriental, dans le faubourg de Maniet el-Moghîrah, le mercredi dernier Ramadan 384, à l’heure de la prière du matin, le Scorpion étant en ascendant. Il était fils d’un des vizirs d’Al-Mansour. Dzéhébi en fait un affranchi des Oméyades, d’origine persane. Très savant dans la tradition et le droit et polémiste aiguisé, il est l’auteur de nombreux ouvrages (ailleurs 400 ouvrages) sur la logique et la philosophie, qui ne sont pas exempts d’erreurs. Il appartenait d’abord au rite Châffite ; mais il eut des démêlés avec les jurisconsultes de cette école, et il devint Zâhirite. Il composa des livres sur cette doctrine, dans

1. Makkari, Analectes, t. I, seconde partie, éd. L. Krehl, p. 512. — 11 y a aussi sur Ibn Hazm un grand article dans le Dict. biographique de Jâkout, Irshâd al- Arîb, éd. Margoliouth, V. pp. 86-97.

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laquelle il persévéra jusqu’à sa mort. Il était bon littérateur. Les jurisconsultes le blâmèrent et le calomnièrent, en sorte que les princes durent l’éloigner. Il mourut en exil à la campagne, le dimanche soir 27 Cha£ban 456. Selon Ibn Sa‘îd, il mourut relégué dans le bourg de Leblah. »

Parmi ses livres citons : un commentaire du Mowatta accompagné de discussions sur diverses questions ; un compendium du Sahîh , rédigé en supprimant des références et en se bornant aux traditions les plus sûres ; un livre sur les questions spéculatives et leurs corollaires ; il veut dire celles qui ne sont résolues par aucun texte ni du Livre saint, ni de la tradition ; un « livre de la moelle de Vidjmâ‘ » et exposé des questions dans lesquelles il n’y a pas de contestation ; un traité politique sur la théorie de l’imamat et du khalifat ; un traité de morale ; un traité sur les différences entre les partisans du sens extérieur et ceux de l’analogie, et un livre assez connu intitulé tauq el-hamâmah , « le collier de la colombe ».

Ibn Hazm avait une grande mémoire, que Gazali admira. Il était poète. Mo‘tadid fils d,£Abbâd ayant fait brûler ses livres à Séville, il répondit par ces 3 vers : « Laissez-moi en paix au sujet de cette combustion de feuillets et de papiers, et dites plutôt : Maintenant on verra ce qu’il sait. S’ils ont brûlé le papier, ils n’ont

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