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CHAPITRE IX

pas brûlé ce que le papier renfermait. Cela est dans ma poitrine ; je l’emporte avec moi partout où m’entraînent mes montures. Cela fait halte où je m’arrête, et ne sera enseveli que dans mon tombeau. »— Comme il avait été rendre visite à un ami un jour qu’il pleuvait et ventait très fort, celui-ci s’écria : « O Sîdî, comment venez-vous me visiter par un temps pareil ? » Ibn Hazm répondit en improvisant ce distique : « Quand même le monde se serait acharné contre toi, quand même l’atmosphère aurait été en conflagration et pleine d’une clameur continuelle, mon affection pour toi m’aurait rendu la route facile, et je n’aurais pas rebroussé chemin. »

Pour nous, un docteur comme Ibn Hazm peut bien avoir été un homme aimable et érudit et un très fin lettré, son œuvre, au point de vue juridique, n’en est pas moins anti-intellectuelle : il ôte à la pensée son rôle, il en diminue le plus qu’il peut l’importance, il l’exclut presque du champ du droit. La lettre du texte est tout ; le droit, resserré dans ses lisières, n’a plus autour de lui une atmosphère lumineuse et libre qui en élargit les contours ; il devient incapable de progrès ; et sans nul doute l’effort nécessaire pour ramener toutes les questions à des textes déterminés d’avance enlève dans bien des cas au juriste la sincérité et la pureté de conscience que,

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par sa soumission aux sources canoniques, il semblait vouloir sauvegarder.

Nous terminerons ce chapitre par la traduction d’une page du traité de lexicographie les Clés des Sciences (1), qui résume avec netteté les principes de la théorie de la tradition et du droit.

« Les principes du droit. — Il y a 3 principes du droit admis par tous : le Livre de Dieu, la Sunnah du Prophète et l’accord de la nation (/ Vidjmâ ‘) ; et 3 principes sur lesquels les opinions diffèrent : l’analogie ( qiyâs ), Vislihsân et Vistislâh. — Pour le livre de Dieu, le jurisconsulte doit en connaître l’interprétation, savoir : ce qui y est pris en un sens particulier ou en général, connaître les versets abrogeants et les versets abrogés, les préceptes et les défenses, ce qu’il permet et ce qu’il interdit, et autres choses analogues expliquées dans les commentaires et dans les livres sur les principes de la religion. — Pour la sunnah du Prophète, elle est de 3 espèces : elle comprend les paroles, les actes et les pratiques établies. Les paroles ce sont les traditions portant que le Prophète a dit telle chose ; les actes, les traditions portant qu’il a fait telle

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