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CHAPITRE IX. — LA JURISPRUDENCE

chose ; les pratiques, les traditions montrant qu’il a laissé son peuple agir de telle manière et ne l’a pas désapprouvé.

Ensuite sur les informations. L’information répétée souvent ( khabar et-tawâtur ) est celle qui est fournie par beaucoup de Compagnons du Prophète et que la généralité des jurisconsultes s’accorde à recevoir. L’information d’un seul est celle qui provient d’un unique Compagnon du Prophète, et que la plupart des jurisconsultes acceptent sous des conditions qu’il serait trop long de rapporter.

Les traditions ( hadîth ) comprennent : la tradition jointe ou continue, muttasil ; c’est celle qui remonte jusqu’au Prophète par une chaîne non interrompue de transmetteurs ; la tradition par renvoi ou interrompue ( morsal , monqatV) est celle que rapporte un des Suivants qui n’ont pas vu le Prophète, comme Hasan de Basrah, Ibn Sîrîn, Sa'îd fils de Mosayeb,etc... Ce personnage dit: Le Prophète a dit telle chose, mais sans mentionner qui le lui a rapporté. Beaucoup de docteurs admettent ces sortes de traditions ; d’autres les rejettent.

Vidjmâ e (accord, consentement) est la concordance entre les Compagnons du Prophète, Mohâdjirs et Ansârs, en même temps que la concordance entre les Docteurs des grandes villes

à toute époque, sans égarda ux opinions profanes.

Le qiyâs (l’analogie) a été admis par l’universalité des Docteurs, excepté par Dâwoud fds d’‘Ali d’Ispahan et ceux qui l’ont suivi. Il y a 2 sortes d’analogies : analogie par règle et analogie par ressemblance. L’analogie par motif est celle où le cas comparé est joint au cas modèle d’après une règle. L’analogie par ressemblance est celle où il n’y a pas de règle, mais où l’on rapproche le cas à comparer du cas modèle à cause de leur ressemblance. Beaucoup de jurisconsultes ne distinguent pas entre ces deux espèces.

Vistihsân est une méthode propre à Abou Hanîfah et à ses sectateurs, et c’est ce qui les a fait nommer les gens du rciï (c’est-à-dire de l’opinion). Exemple : la permission qu’ils donnent d’entrer dans les bains, même si les quantités relatives d’eau et de boue qui y sont employées ne sont pas connues. On a dit que Yistihsân était une sorte d’analogie, mais cachée et non apparente. — Vistislâh ; c’est la méthode propre de Mâlik fils d’Anas et de ses compagnons. Un exemple en est la permission qu’ils ont donnée aux changeurs de traiter et de vendre argent monna3ré contre argent monnayé et espèce contre espèce, avec excès ou défaut, bien que cela soit prohibé par les autres docteurs, à cause de la commodité qui en résulte pour le public. Tels sont les principes du droit, les osoul, auxquels tout se ramène et qui sont le pivot de tout. »

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