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CHAPITRE X. - LA JURISPRUDENCE

fais. — Nos reproches seyaient)), dit Omar; et il les laissa. — Si le mohtesib passant dans la rue, entend des instruments de musique prohibés, il fait ses observations du dehors ; il ne doit pas entrer dans la maison. Mâwerdi admet pourtant que cet officier peut se servir de l’espionnage dans le cas où on lui a dénoncé un adultère ou un assassinat qu’on préméditerait. Le même droit est d’ailleurs accordé dans ces cas à toute personne sérieusement avertie.

La charge de mohtesib est d’une nature plus morale, moins juridique que celle de Kâdi. Ce magistrat enquête d’après son idée personnelle, au contraire du Kâdi qui ne peut enquêter que sur la demande d’un plaideur. Les objets sur lesquels se porte son attention concernent : les droits de Dieu, les droits de l’homme, ou ceux qui sont communs à Dieu et aux hommes. Ainsi il doit veiller à ce que la prière soit faite en commun, à ce qu’elle le soit à l’heure exacte et que le rite des ablutions soit bien observé. Pour les droits des hommes, il veille à ce que les villes restaurent leurs conduites d’eau, réparent leurs murailles, entretiennent les mosquées, pourvoient aux besoins des hôtes, quand le trésor de la ville le permet ; sinon il fait de son mieux accomplir ces œuvres par les habitants riches. Pour ce qui est des droits communs à Dieu et aux hommes, le mohtesib s’occupe de faire pro-

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céder par les tuteurs à l’union des femmes ou filles à marier avec des hommes de condition égale, de faire observer les délais légaux par la femme répudiée, de faire reconnaître l’enfant né de justes noces par le père qui le désavoue, de faire respecter par les maîtres les droits des esclaves, et d’empêcher qu’on ne leur impose un travail au-dessus de leurs forces. Il surveille les soins donnés aux enfants trouvés et même aux animaux qu’on aurait recueillis. En somme c’est une fonction qui, pour nous, paraît un peu composite et que nous ferions accomplir soit par les administrations municipales, soit par les commissaires de police, soit encore par des sociétés privées ; mais elle a bien son unité et son originalité au point de vue musulman. L’analyse qu’en donne Mâwerdi, très détaillée et raffinée comme toute son œuvre, est fort intéressante.

M. Fagnan a traduit à part un chapitre de Sidi Khalil sur la Guerre sainte, en s’aidant de commentaires (1). Ce texte, tout bref qu’il est, est fort instructif. Le traducteur remarque combien l’auteur musulman est subtil, il dit

1. E. Fagnan, le Djihâd ou Guerre sainte selon V école Malékite, une brochure, Alger, 1908.

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