CHAPITRE XI
et de Hasan le Basrien. Ces sources sont distinctes de ce qui provient proprement du hadîth. Tabari apprécie la valeur des traditeurs différemment suivant qu’il s’agit d’histoire ou de commentaire. Ainsi, en commentaire, il ne citera jamais Wâkidi ni Mohammed fils de Sâïb el-Kelbi, parce qu’ils sont, selon lui, « conjecturaux » en cette matière ; mais quand il revient à l’histoire, à la biographie, aux récits des Arabes, il s’appuie sur Wâkidi, Kelbi et d’autres, et laisse de côté les autorités qui lui servaient en commentaire. Pour le sens des versets, il se sert aussi des ouvrages de certains Motékallims, qu’il cite du reste sans les nommer.
Le tefsîr de Tabari comprenait 10.000 feuillets ou un peu moins selon l’écriture. Son petit-fils dit qu’il en a vu un manuscrit à Bagdad qui comptait 4.000 feuillets.
Outre cet ouvrage, Jâkout parle d’un autre sur les lectures du Coran, que j’ai peine à croire différent. Tabari y rapporte les avis divergents des lecteurs de Médine, de La Mecque, de Koufah, de Basrah, de Syrie et d’autres, sur la lecture des mots du Coran, les noms de ces autorités étant séparés et mis en face de leurs lectures respectives, avec leurs arguments ; puis il donne l’opinion de son choix. Ce livre aurait eu 18 volumes de grosse écriture. Il y a apparence que nous n’avons affaire ici qu’à une autre copie du commentaire.
LES PENSEURS DE L’iSLAM
Tabari était lui-même excellent lecteur et connu pour tel ; des gens de cette profession venaient de loin pour l’entendre, et le public aimait à se placer derrière lui lorsqu’il récitait la prière. Il avait lu d’abord à la façon de Hamzah, qui lui était connue par deux voies, puis il se fit une manière personnelle.
Ce grand ouvrage a été publié par l’imprimerie nationale de Boulaq d’après un manuscrit en la possession de l’Emir Ibn el-Rachîd de Hâïl ; le texte a été collationné par le Cheikh Ahmed Abd el-Rahîm avec un très ancien manuscrit de la Bibliothèque khédiviale du Caire. L’œuvre comprend 30 parties en 8 fort volumes. En marge est un autre commentaire par en- Neïsâbouri (le Caire, 1302-1321). — Ouvrons l’un des volumes pour faire comprendre le genre de l’ouvrage :
L’auteur commence l’explication de chaque sourate par cette formule : «Discours sur l’interprétation de ces paroles du Très-Haut » ; puis il cite une partie de la sourate. Il l’explique alors, la paraphrase, d’une façon un peu plus développée, assez facile et presque populaire. Après quoi il cite les traditions avec leurs chaînes, mettant en série toutes celles qui ont rapport au même mot ou au même sujet ; souvent ces traditions se répètent, les chaînes variant. A la suite de ces citations, il donne parfois son opinion propre.