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CHAPITRE II

l’arabie avant l’islam 39

pour le vieux sanctuaire de La Mecque une profonde vénération, furent offensés des prétentions de l’Ethiopien. L’un d’eux souilla l’église pendant la nuit. Abrahah entra dans une grande colère et jura de détruire le temple de La Mecque.

Il réunit donc une armée pour marcher contre cette ville, dans laquelle il emmena un éléphant de haute taille. Cet éléphant a beaucoup frappé l’imagination des Arabes qui l’appellent familièrement Mahmoud, le Glorifié. Ils ont donné à l’année dans laquelle se passèrent ces événements le nom d’année de l’Eléphant. C’est cette annéelà, selon la tradition, que Mahomet vint au monde.

L’armée éthiopienne comptait une soixantaine de mille hommes. Elle s’avança jusque dans le voisinage de La Mecque. Abrahah envoya de là un message aux Mecquois leur disant : « Je ne suis pas venu pour vous combattre, mais seulement pour détruire votre temple ; si vous me le laissez détruire, je respecterai vos personnes et vos biens. » Les Mecquois ne montrèrent pas de fanatisme. Ils consultèrent ‘Abd el-Mottalib, grand-père de Mahomet, et ils lui demandèrent de se rendre auprès du chef éthiopien. Il se trouvait justement qu,£Abd el-Mottalib, comme chef de la caravane mecquoise qui allait chaque année trafiquer en Syrie, connaissait le cornac du gros éléphant Mahmoud. Ce

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cornac le conduisit auprès de son maître, et les deux chefs causèrent par interprète.

Les traditionnistes, qui savent tant de choses, ne sont pas bien fixés sur les détails de cette entrevue. Mais il paraît bien, et c’est le plus probable, qu’cAbd el-Mottalib proposa à Abrahah de lui payer une certaine somme pour qu’il se retirât sans détruire la Ka£bah. C’est sans doute ce qui fut convenu, bien que la tradition conte la chose d’une façon plus merveilleuse. D’après elle, le chef éthiopien aurait refusé la somme d’argent. ‘Abd el-Mottalib, rentré à La Mecque, se rendit alors à la Ka‘bah, et, tenant en main l’anneau de la porte du sanctuaire, il harangua le peuple et invoqua le secours de Dieu ; après quoi, les Mecquois, au lieu de se préparer à combattre, quittèrent leur ville et se rendirent sur la montagne. Abrahah fit avancer l’éléphant Mahmoud ; mais l’excellent animal refusa de marcher ; et, comme on insistait auprès de lui, il s’agenouilla. On ne put le décider à se relever qu’en lui tournant la tête du côté de l’Yémen. L’armée éthiopienne là-dessus prit le parti de se retirer. En route, elle fut attaquée d’une espèce de peste. Abrahah rentra malade à Sana‘â et mourut peu après.

L’église qu’il avait fait construire dut être ruinée peu de temps après lui. On raconte que le premier khalife abbasside en fit fouiller les ruines et qu’il en retira beaucoup d’argent.

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