‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 24 sur 235 · CHAPITRE II. — L’ARABIE AVANT L’iSLAM · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — L’ARABIE AVANT L’iSLAM

La domination des Abyssins avait vivement déplu aux habitants de l’Yémen. Ils se plaignirent à l’empereur grec, qui ne les écouta pas. Ils portèrent alors leurs plaintes à un prince arabe, vassal des Chosroës. Celui-ci les recommanda à Chosroës lui-même (Anochirwan). Ce souverain feignit de peu connaître l’Yémen et répondit que ce pays était trop loin et trop pauvre pour qu’il s’en occupât. Il donna une somme d’argent et une robe d’honneur au messager yéménite ; mais le messager distribua l’argent à ses hommes en disant : « Je n’en ai que faire ; la terre d’où je viens est toute d’or et d’argent.» Le Chosroës, frappé de cette attitude, tint conseil, et il se décida à envoyer une petite armée, composée surtout de prisonniers. Ils furent embarqués sur 8 vaisseaux dont 2 sombrèrent. Le reste conquit l’Yémen pour le compte de la Perse. A ce moment, l’influence persane domina dans toute la partie Est et Sud de l’Arabie, et c’est l’état de choses qui durait encore au moment de la mission de Mahomet. Les derniers chefs persans du Yémen et leur suite embrassèrent l’islamisme après la mort de Chosroës Eperwîz, dans la 7e année de l’hégire (1).

On voit qu’au temps de la première période d’activité de Mahomet, les Persans étaient plus redoutables à l’Arabie que les Grecs. Cela peut

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