‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 25 sur 235 · Masoudi, Livre de V Avertissement, trad., p · texte numérisé non relu

Masoudi, Livre de V Avertissement, trad., p

LES PENSEURS DE L’iSLAM

expliquer que Mahomet ait pris parti contre eux plutôt que contre les Byzantins. Jusqu’à quel point Mahomet a-t-il pu être hellénophile ? Cela est assez difficile à dire. Il se peut qu’au début de sa carrière politique, il n’ait pas cru tout de suite à la force de la nation arabe, puis qu’il ait senti cette force au fur et à mesure de ses succès, et qu’il ait alors décidé de rejeter l’influence grecque aussi bien que celle des Persans. Les premières luttes contre les Grecs furent conduites assez mollement. C’est dans la 8e année de l’hégire que Mahomet lança la première expédition musulmane contre les troupes de cette nation, celle de Tabouk (1). L’histoire de cette expédition est bizarre et presque louche. Des marchands de l’Arabie du Nord étaient venus à Médine pour y vendre des produits de Syrie, des olives, du vin, des pains de fleur de farine. Ces marchands racontèrent que les Grecs avaient concentré des forces considérables, comprenant les principales tribus arabes de Syrie, pour marcher contre Médine. Mahomet réunit une armée de 30.000 hommes, la plus forte qu’il eût encore mise sur pied, fit percevoir des dons et s’avança sur la route de Médine à Damas ; mais, quand il fut arrivé à la localité de Tabouk, il apprit que la nouvelle des marchands était fausse : il n’y avait point d’armée ennemie. On rentra donc

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