Masoudi, Les Prairies cTOr, t. III, p
LES PENSEURS DE L’iSLAM
ère de la dispersion » (1). Celle-ci date d’une année où d’importantes tribus, celles de Rébîcah et de Modar, se séparèrent et allèrent se fixer beaucoup plus au Nord. C’est aussi à partir de Mareb qu’eut lieu la dispersion. A ce momentlà sans doute, la race arabe s’était multipliée et le pays, devenu moins fertile, ne suffisait plus à la nourrir. Telles durent être aussi les causes qui, à l’origine de l’Islam, poussèrent les Arabes hors de leur péninsule et les décidèrent à affronter le sort des conquêtes.
M. R. Dussaud, dans son excellent ouvrage sur les Arabes en Syrie avant V Islam, Paris, 1907, a des pages très intéressantes sur les deux questions auxquelles nous venons de toucher : 1’ antiquité des Arabes et de leur langue, leur extension ancienne en dehors de la péninsule arabique. D’après Burckhardt (2), Rinn, A. Bernard et N. Lacroix, il résume, en l’appliquant aux Arabes de Syrie, la théorie du monadisme. « Ce serait une erreur de croire, dit-il, que la pénétration des éléments Arabes en Syrie date seulement de la conquête musulmane. » Cette extension au vne siècle, « anormale par son