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CHAPITRE II. — L’ARABIE AVANT L’iSLAM

ampleur », répondait « à un mouvement normal des populations arabes, qui tendent continuellement à pénétrer et même à s’installer en territoire sédentaire... Les migrations arabes ont la régularité des saisons ».

Comme Burckhardt l’a naguère expliqué, « les tribus de grande tente passent l’hiver en Arabie, particulièrement dans le Nedjd ; au printemps, elles s’avancent vers le Nord à la recherche des pâturages. Elles arrivent ainsi en bordure des territoires sédentaires ». Après la récolte faite, le nomade obtient du sédentaire le parcours sur les champs, « la faculté de s’abreuver aux puits et aux cours d’eau » ; et, si le sédentaire est faible et mal protégé, le nomade lui impose encore un tribut en nature. Si l’état de choses est généralement pacifique, le nomade tend à devenir sédentaire. Des individus se détachent du groupe, s’engagent dans divers métiers, ou s’adonnent à la vie agricole. Ils commencent alors à construire des villages.

Les déserts de Syrie sont pleins de villes et de bourgs aujourd’hui ruinés. Ce sont les restes d’un état florissant du pays, qui date de l’époque romaine. Le phénomène de modification du régime des eaux, avec l’abandon des canalisations et des digues, le dessèchement des cours d’eau, s’est produit dans la région du Hauran comme dans l’Arabie du Sud. Y fut-il causé par

un véritable changement climatérique, ou par quelque décadence politique et psychologique ?

La chose est difficile à déterminer.

Les Arabes et la Provincia Arabia furent importants à l’époque romaine. Des légions et des fortins protégeaient les territoires sédentaires. L’une des légions, la 3e Cyrénaïque, avait pour siège Bosra, au Sud de Damas, dans la Transjordanie.

Pour ce qui est de la langue arabe, le plus ancien témoin épigraphique en a été découvert dans le désert de Syrie, au Nord de Bosra et à l’Est de la ligne Bosra-Damas : c’est l’inscription d’en-Némâra, aujourd’hui au Louvre. Elle est due à un roi qui porte le même nom qu’un des célèbres poètes arabes antéislarniques, Imrou’l- Kaïs. Elle est datée du 7 Kesloul 223. Si nous rapportons cette date au comput de la Province romaine d’Arabie, cela place le document en l’an 328 de notre ère, sous le règne de Constantin. Le roi arabe est en relation avec les tribus d’Arabie, ainsi qu’a\ec les Perses et les Romains. Il paraît être sous l’influence perse, car il dit qu’il « ceignit le diadème », en employant pour diadème le terme iâdj, qui est persan.

Au sujet de l’ancienne extension des Arabes en dehors de la péninsule arabique, je remarquerai encore qu’Hérodote (II, vm) appelle Montagnes Arabiques la chaîne des montagnes

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