Savary, Lettres sur V Egypte, t. III, Paris, 1786, p
LES PENSEURS DE L’iSLAM
ce pays.» Il est certain qu’à l’époque de Mahomet les communications des Arabes avec l’Ouest de la Mer Rouge étaient fréquentes et que la conquête de l’Egypte leur fut facile.
Quant au mot « Arabe » lui-même, ‘arab, on peut désirer savoir ce qu’il signifie. Je n’en vois pas l’explication dans la langue arabe ; mais, d’après l’hébreu, qui est voisin, il doit vouloir dire : les marchands, les trafiquants, les tribus qui voyagent pour faire le commerce, les étrangers qui viennent se mêler aux autres peuples pour cause de négoce. « Les Hébreux et les Arabes », dans la Bible, veut dire les Hébreux et les commerçants étrangers venus parmi eux. Nous retrouvons ici le caractère principal des Arabes, celui de commerçants. C’est ce caractère qui a été fort bien commenté par le Prince de Teano, dans l’ouvrage que nous avons cité, pour les époques anciennes, et par Lammens pour l’époque mahométane.
Mahomet a dit et répété assez souvent pour qu’on puisse l’en croire que son intention n’était pas de fonder une religion nouvelle, mais de restaurer « la religion d’Abraham » ; et il a donné à ses adhérents les noms de hanîfs et de moslem, titres qu’il donne aussi aux prophètes