CHAPITRE PREMIER. — LA PERSE AYANT L’iSLAM
l’Oxus, vers le Djordjân et les pays Turcomans, Anochirwan s’occupa aussi beaucoup de fortifications, et développa celles qu’avaient laissées ses prédécesseurs. Les Turcs avaient alors un Khâkan très remuant ; ce chef s’était emparé de la Transoxiane et disposait d’une armée de plus de 100.000 hommes. Il s’arrêta devant les forteresses d’ Anochirwan, et finalement s’accorda avec ce roi, en lui donnant sa fille en mariage. ’Le successeur d’Anochirwan, Hormuzd, est fils de cette princesse turque.
A l’intérieur de son vaste empire, Anochirwan s’occupa d’encourager l’agriculture, d’entretenir les routes, d’améliorer les canaux. Il fit achever le cadastre qui avait été commencé par son grand-père Kobad.«Il est le premier, dit Mas‘oudi, qui fixa les règles de l’impôt foncier et qui en établit l’assiette. » On compta tous les palmiers, tous les oliviers, et on dénombra les hommes imposables. « Auparavant, l’impôt était perçu d’après la coutume du partage », c’est-à-dire que le fisc percevait comme impôt foncier entre 1/3 et 1/6 du produit de chaque district, la proportion variant selon l’état de la culture. En outre, il y avait un impôt de capitation par tête. Anochirwan adopta un système un peu moins simpliste. Un impôt fut mis sur chaque genre de culture : froment, orge, riz, luzerne, vigne, palmiers et oliviers, et une taxe sur les
LES PENSEURS DE L’iSLAM
animaux et les hommes. On payait à peu près 10 francs par hectare de terre cultivé en froment, 7 fois autant pour la luzerne, 8 fois pour la vigne, soit 80 francs l’hectare. Pour 4 palmiers persans, 6 palmiers communs ou 6 oliviers, on payait 1 dirhem, 88 centimes. Les contribuables pour l’impôt par tête, furent divisés en quatre classes, qui payaient 4, 6, 8 et 12 dirhems, selon leur fortune, soit 3 fr. 50 au moins et 10 francs au plus. Cette taxe n’était due qu’entre 20 et 50 ans. Les impôts se payaient par tiers tous les quatre mois.
Anochirwan fit lire le projet de ce système au peuple assemblé, et demanda si l’on avait des observations à faire. Un scribe se leva et dit : « Prétends-tu faire payer aussi l’impôt foncier sur les choses qui ont été gâtées et abîmées, sur un ceps de vigne mort, sur une semence atrophiée, un canal desséché, une source tarie ? » Anochirwan, trouvant la question outrageuse pour sa justice, le fit écorcher vif. Personne alors ne dit plus rien.
Lorsque les Musulmans conquirent la Perse, ces réglementations du monarque persan furent imitées par le Khalife Omar.
Anochirwan protégea les lettres et les savants, fit faire des traductions d’anciens livres. Il fonda une importante université à Djondisâbour, où furent cultivées les lettres grecques. Cette école