CHAPITRE II
l’arabie avant l’islam 69
« Vivants et morts, la longueur de la vie en vérité ressemble à des provisions de voyage qui s’épuisent. Pour la mesurer, il y a une période fixe entre la nouvelle lune et la fin du mois. Il n’y a pas d’erreur dans le cours de la lune ; mais elle est une chose étrange, encastrée dans on ne sait quelle enveloppe. Etonnée, elle erre comme un dormeur dans son rêve, qui n’a pas encore satisfait tout son besoin de songe... Elle marche seule par étapes régulières, les étoiles se hâtant devant elle... les étoiles brillantes viennent en face d’elle et la cachent pour qu’aucun idolâtre ne puisse la contempler. Et le soleil se lève à la fin de chaque nuit dans une lueur d’or et de pourpre. Il ne se lève pas de lui-même, mais comme torturé et fouetté. Incapable de ralentir sa course, il est poussé tout le long du jour. Les races oublieront ce que je dis ; celui qui n’est pas pauvre s’en souviendra. »
M. Clément Huart a en outre étudié un déiste du nom de Selmân le Persan, qui, attiré par le t culte chrétien, apprit des saints hommes qu’il fréquentait le venue prochaine d’un prophète chargé de restaurer la religion d’ Abraham. Après diverses péripéties romanesques, il finit par se joindre à Mahomet et devint l’un de ses plus fidèles disciples (1). Ce Selmân Fârisi a pris une grande importance dans le chiisme.