V. Mélanges Harlwig Derenbourg, 1909, p
et suiv.
LES PENSEURS DE L’iSLAM
Enfin, pour en finir avec ce groupe très intéressant de déistes de l’Arabie antérieurs à Mahomet, je dirai quelques mots du moine Bahîrah.
Il est bien connu que les moines étaient très respectés de Mahomet et des premiers Musulmans. « Les moines composant alors le clergé chrétien de l’Arabie, dit le P. Lammens, dans une de ses belles études (1), étaient entourés d’un respect particulier. Afin d’exprimer leur admiration pour l’attitude digne et austère de certains hanîf, les Arabes leur donnaient volontiers le titre de râhib (c’est-à-dire le nom de moines). On exaltait l’hospitalité des religieux, leur ascétisme. Les plus décidés de leurs admirateurs étaient précisément les poètes. Ces hommages rappelaient aux contemporains de Mo‘âwiah le souvenir d’un culte et d’une civilisation dont on reconnaissait implicitement la grandeur et la force morale. Si les rois de Hîrah avaient renoncé à leurs superstitions, on l’attribuait aux exemples de dévouement, de loyauté héroïque donnés par deux chrétiens : seule leur religion, dans la nuit du paganisme, avait pu, disait-on, leur inspirer cet héroïsme. »
1. Mélanges de la Faculté Orientale de Beyrouth, 1908, p. 296.