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CHAPITRE III. - VIE DE MAHOMET

changeaient de demeures ; l’un s’établissait sur les pâturages de l’autre ; les tentes étaient levées, et le sable apporté par le vent recouvrait les traces des campements abandonnés. Les jeunes chameaux passaient aux mains de nouveaux maîtres et leur poil recevait une autre marqua. Les coursiers ardents et toujours sellés piaffaient autour des tentes et hennissaient au moindre bruit des armes, prêts à courir à de nouveaux combats.

Quand enfin un choc décisif ou quand la lassitude rendait un peu de calme aux âmes, les guerriers rentraient dans la paix des demeures familiales, pour y boire l’eau de miel, le nébid et le lait des chamelles, pour y manger la bosse des dromadaires et le foie des ânesses rôti entre les dattes ; ou bien ils s’en allaient dans les tavernes des villes s’enivrer de boissons fermentées, en la compagnie des hommes d’esprit et des poètes, écoutant ceux-ci évoquer dans leurs chants l’image de quelque belle rencontrée un jour au désert, au moment où le vent entr’ ouvrant sa litière, faisait tomber sur sa face un rayon ardent de soleil.

Mahomet naquit à La Mecque le 29 août 570.

Il était fils posthume d’Abd Allah et de la fa-

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mille de Koréïch, qui tenait dès lors le premier rang dans la cité. Il fut mis en nourrice dans une tribu nomade qui, assez pauvre, avait coutume de venir chaque année à la ville chercher des nourrissons. A l’âge de 4 ans, il fut rendu à sa mère. Il la perdit lorsqu’il avait 6 ans. Peu de temps après, il perdit son aïeul ‘Abd el- Mottalib, qui avait été pendant de longues années le véritable chef de La Mecque. Il tomba aux mains d’un oncle qui le traita bien, et qui l’emmena avec lui, lorsqu’il avait 13 ans, dans un voyage commercial en Syrie. Il acheva de grandir dans le calme, ayant la réputation d’un jeune homme intelligent, doux et 103ml. A 20 ans il apprit la guerre en prenant part aux combats que se livrèrent dix grandes tribus de la région mecquoise, groupées cinq par cinq en deux partis adverses. A 25 ans, il fit le commerce pour le compte d’une riche veuve nommée Khadîdjah, qui l’envoya conduire sa caravane en Syrie. Ce voyage eut pour lui deux résultats importants : il y vit un moine chrétien de S3rrie, probablement un carme (1), avec lequel il put s’entretenir de pensées religieuses ; et à son retour il retrouva Khadîdjah, satisfaite de la

1. Un Nestorien serait aujourd’hui plus probable. La vie religieuse existait cependant au mont Carmel dès une époque très ancienne 5 on sait qu’il y avait là une école de Prophètes aux temps bibliques.

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