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CHAPITRE III

VIE DE MAHOMET

manière dont il avait conduit ses aiïaires, qui se montra pleine d’affection pour lui et exprima le désir de l’épouser. Il rencontra ainsi presque en même temps sa première épouse et le premier germe de ses futures révélations.

Mahomet vécut paisible de 25 à 40 ans. Il était doux et pieux, d’un commerce agréable. On ne sait précisément qui il fréquenta. Mais il paraît bien que la question religieuse était dès lors agitée chez les Arabes par quelques esprits. Un homme surtout put avoir à ce moment sur la pensée de Mahomet une influence presque décisive. C’était un philosophe du nom de Zéïd fils d’Amrou qui prêchait contre l’idolâtrie et rêvait de restaurer la religion d’ Abraham. Devenu l’objet des anathèmes des Mecquois, il dut s’exiler de La Mecque. Il se retira d’abord dans une grotte voisine de La Mecque, ouverte dans le mont Hîra ; puis il alla en Syrie. Mahomet prit l’habitude de passer chaque année le mois de Ramadan en retraite dans la même grotte. Son esprit s’y enfonça, sur les traces de celui du philosophe, dans la recherche de l’essence divine et de la vérité religieuse. Elaborant les idées qu’il avait recueillies de la bouche des moines chrétiens de Syrie ou des rabbins juifs de Médine, sans livre, car il n’était pas un lettré, sans méthode fixe, car il n’était pas philosophe, mais par la force d’une intuition

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patiente et progressive, il arriva à dégager une sorte de doctrine, dont il ne vit pas tout d’abord l’opposition avec les croyances judaïque et chrétienne, mais qui lui apparut dès le premier instant comme étant nettement opposée aux croyances du paganisme.

Ce fut vers l’âge de 40 ans, après de longues années d’une méditation lente, qu’il se trouva en possession de ce système. Il était aussi à ce moment maître d’un talent qui, le plus souvent, se développe tard, l’éloquence. Conscient de sa pensée propre et du pouvoir qu’il avait de l’exprimer, il dut commencer à être agité d’un grand trouble. Ce Dieu à la connaissance duquel il était parvenu, ne s’était sans doute pas révélé à lui pour qu’il le tînt celé dans son cœur ; si Dieu s’était montré à Mahomet, c’était pour que Mahomet montrât Dieu aux hommes. Et l’idée du prophétisme, qu’il avait apprise des Juifs, semblait se retourner vers lui et retomber sur lui. Le poids d’une telle pensée dut lui paraître lourd ; il la repoussa d’abord ; il eut des angoisses, des craintes et des hésitations ; un accident soudain y mit un terme.

Une nuit de Ramadan, comme Mahomet était depuis quelque temps retiré dans la solitude du mont Hîra, il s’endormit et eut une crise. L’esprit de Dieu fondit sur lui avec force, et lui

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