‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 52 sur 235 · CHAPITRE III. — VIE DE MAHOMET · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — VIE DE MAHOMET

nique à ses débuts. Il y avait là de quoi émouvoir un peu les cœurs. Mais les Mecquois, positifs et sceptiques, accueillirent ces discours par des railleries. Un petit nombre d’entre eux seulement se convertirent : Khadîdjah tout d’abord ; puis des gens du bas peuple, et quelques esprits d’élite, parmi lesquels le futur Khalife Abou Bekr. C’était un homme dont la situation était considérable à La Mecque (1) ; il avait une nature droite et sensible ; les paroles du Coran le touchaient jusqu’aux larmes.

L’indifférence de ses compatriotes ne découragea pas Mahomet. Pendant de longues années, il répéta les mêmes exhortations. Sa prédication peu à peu perdit de sa véhémence, s’emplit de redites et se chargea de légendes. Pour vaincre l’obstination des Koréïchites, il rappelait que dans d’autres nations il s’était levé des prophètes, qu’ils avaient été, comme lui, méconnus, et que la colère de Dieu avait anéanti ces races. C’était d’abord les vieux prophètes bibliques : Noé, qui n’avait pu soustraire le monde au châtiment du déluge, Loth, qui n’avait pu amener au repentir les habitants de la Pentapole, menacés par le feu du ciel. Puis ces données bibliques étaient adaptées aux légendes arabes, et Mahomet imaginait que ces races disparues, dont

Page 1