‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 56 sur 235 · CHAPITRE III. - VIE DE MAHOMET · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. - VIE DE MAHOMET

allaient en éclaireurs chercher des informations sur la marche du convoi. Quelquefois on apprenait qu’il était déjà passé. D’autres fois on le voyait, mais, le trouvant bien défendu, on ne l’attaquait pas. Mahomet commandait en personne les expéditions les plus importantes. Dans celles-là même le nombre des hommes qu’il mit en ligne dans les quatre premières années de l’hégire ne dépassa pas un millier. Deux combats de cette période restèrent fameux à l’égal des grandes batailles dans l'histoire de l’islamisme : ce sont ceux de Bedr et d’Ohod.

L’affaire de Bedr, qui eut lieu dans la seconde année de l’hégire, n’eut point d’autre prétexte que toutes les petites expéditions antérieures. Il s’agissait d’arrêter une caravane des Koréïchites, revenant de Syrie, que l'on avait manquée à son départ. 314 musulmans combattirent autour des puits de Bedr contre 950 Koréïchites ; ils les mirent en déroute leur ayant tué 70 hommes. Cette défaite humilia les Koréïchites et leur laissa au cœur une grande rage. Ils s’allièrent à d’autres tribus et revinrent, l’année suivante, offrir le combat aux musulmans sur le champ de bataille d’Ohod. Ils étaient trois mille hommes et 700 d’entre eux étaient revêtus de cuirasses. Abou Sofian les commandait. Ils avaient amené avec eux leur principale idole, que portait un chameau, et ils avaient placé

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derrière leurs lignes et devant leurs bagages quinze de leurs femmes qui les excitaient par leurs cris. Mahomet était parti de Médine pour cette bataille avec des forces bien inférieures à celles des Koréïchites. Il avait eu, dit-on, de grandes appréhensions, et ce n’était que pour répondre aux vœux des plus braves musulmans qu’il avait décidé d’accepter le combat. La bravoure chez ces hommes était fort inégale. Il y avait parmi eux d’admirables héros tels, chez les musulmans, que Ali, le futur Khalife, et Sa‘d, le futur vainqueur des Perses, tels encore que Khâlid fils de Wélîd, qui combattait dans cette journée avec les Koréïchites, mais qui, bientôt après converti à l’Islam, allait devenir l’un des principaux agents de ses conquêtes. Par contre, plusieurs autres redoutaient les grandes batailles, et, s’ils y assistaient, c’était en s’abritant derrière les roches et les ravins. Les plus riches étaient montés et portaient la cuirasse. Mahomet revêtait pour la guerre une double cuirasse très lourde. Les armes étaient la lance pour les cavaliers, les flèches pour les fantassins, le glaive pour tous. Ali tranchait de son glaive les cavaliers et les chevaux, comme les héros de nos Gestes, et Sa‘d tirait de l’arc comme les archers de Crète.

Mahomet vint donc à Ohod à la tête d’une troupe d’un millier d’hommes, dont le tiers.

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