CHAPITRE III
VIE DE MAHOMET 101
Les diverses parties de la législation musulmane s’élaboraient, selon que le réclamaient les circonstances. Après avoir été vainqueurs dans tant de combats, les musulmans se trouvèrent possesseurs, en butin et en terre, de richesses considérables. Mahomet fixa sous l’inspiration de l’esprit les règles de partage du butin. Il en retint pour lui le cinquième, dont il fit d’ailleurs un assez noble usage. Il décréta que le butin obtenu sans coup férir serait soustrait à cette loi de partage et demeurerait bien indivis de la communauté musulmane. A ces règles il ajouta celle de l’aumône légale. Il posait ainsi les premières assises du code de la propriété.
Parmi les expéditions qu’il envoyait, quelquesunes avaient pour but de châtier un crime commis contre sa personne ou contre la communauté. On atteignait les auteurs du délit, et on leur infligeait un châtiment qui était presque toujours la mort, bien que sous diverses formes. Des Arabes ayant tué l’un des bergers du Prophète, eurent les yeux crevés, les mains et les pieds coupés, et furent abandonnés, mourant de soif, sur le sable du désert. Un renégat de l’islamisme, qui se plaisait à composer des satires contre Mahomet et à les faire chantre par deux esclaves, fut mis à mort avec les deux jeunes filles. De semblables précédents fondaient le code pénal.
LES PENSEURS DE L’iSLAM
De nombreux musulmans étaient tombés sur les champs de bataille. On n’avait point partagé leurs successions sans avoir consulté le Prophète. Celui-ci, selon les conseils de l’ange, avait donné quelques lois de partage très courtes, qui, développées par les arithméticiens, constituent dans l’Islam le code des successions.
Quant au code matrimonial, les circonstances permettant de l’élaborer n’avaient point fait défaut. Depuis que Mahomet avait perdu Khadîdjah, il avait épousé d’année en année plusieurs autres femmes, dont le nombre se monta finalement à quatorze. La mieux aimée fut Ayéchah fille d’ Abou Bekr. Elle était entrée dans la maison de Mahomet à l’âge de 7 ans, peu de temps après la mort de Khadîdjah. Lorsque le prophète mourut âgé de 63 ans, Ayéchah en avait 18. Les femmes paraissant souvent alors sur les champs de bataille, tombaient aux mains du vainqueur comme les bagages, et étaient partagées comme le butin. Tous ces exemples fournis par les campagnes de l’islamisme primitif sont entrés dans le Corail ou dans la tradition et ont force de loi dans l’Islam.
Enfin le Prophète ébauchait une sorte de code de la guerre ou de théorie du droit des gens. Il fut parfois cruel, il ne le fut point toujours. Une tribu juive s’étant rendue à discrétion, on mascacra, dans un esprit de vengeance, tous les hommes