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CHAPITRE IV

VIE DE MAHOMET

a : sur les anciennes religions des Arabes, lesquelles, dit l’auteur, étaient variées, sur leurs juges, sur les flèches divinatoires ( azlâm ou qidâh) ; on conservait à La Mecque 7 de ces flèches, que l’on consultait avant d’entreprendre un voyage ou une affaire importante ; elles étaient pourvues d’inscriptions d’où le consultant déduisait une réponse. Ja‘koubi parle encore des anciens poètes arabes et des foires au nombre de dix.

L’œuvre la plus monumentale après le Tabari que nous ayons sur l’ancienne histoire arabe, est celle que publie le Prince de Teano (1). L’auteur groupe et fond les traditions, année par année et lait par fait ; il les compare, les discute et en fait la critique. Cette énorme compilation doit avoir 9 forts volumes sans compter les tables et aller jusqu’à l’an 922 de l’hégire. Les 2 premiers volumes traitent de Mahomet. La seconde partie du volume II, formant un tome distinct, est tout entière remplie par la seule année 12 de l’hégire, khalifat d’Abou Bekr. L’édition est fort belle et ornée de quelques planches ; elle n’est malheureusement que de 250 exemplaires.

On voit que les traditions sur Mahomet et les origines musulmanes ne nous manquent pas.

1. Annali delV Islam , compilait da Leone Caetani, Principe di Teano, Milan, Hoepli, vol. I, 1905.

LES PENSEURS DE L’iSLAM

Mais que valent-elles ? Elles ne peuvent toutes être vraies ; elles ne concordent pas toujours et on les sent trop nombreuses. Comment distinguer les véritables ? Comment se sont formées les fausses ? En outre, quel rapport ont-elles avec le Coran, seul document écrit qui paraisse bien authentiquement contemporain du Prophète ? Ce sont les questions qu’a soulevées la critique et qu’elle s’efforce, non sans peine, de résoudre.

Dans son article Qoran et Tradition (1), le P. Lammens a soutenu une thèse très radicale. Pour lui, une grande partie de la tradition est inventée et forgée pour expliquer les points vagues et allusions contenus dans le Coran. Le Coran est la base ; la Tradition n’est pas une autre source qui le complète ou l’explique ; c’est une sorte d’efflorescence, de végétation qui s’est produite en partant du Coran. Voici ses propres paroles : « Des allégations consignées dans le recueil sacré des Musulmans, la tradition forme non le contrôle, non un complément d’informations comme on l’a pensé jusqu’ici, mais le développement apocryphe. Sur la trame du texte

1. Qoran et Tradition, comment fut composée la vie de Mahomet, Extrait des Recherches de Science religieuse, 1910.

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