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CHAPITRE IV. — VIE DE MAHOMET

daloue. Ce ne sont pas là choses de même nature. Est-il possible que l’une soit sortie presque entièrement de l’autre ? Et en quoi le Coran ressemble-t-il aux discours volontaires et nets d’un chef d’armée ? Voit- on Napoléon évitant dans une proclamation d’appeler ses ennemis par leur nom, ou n’osant pas prononcer les mots de Rivoli, Wagram ou Austerlitz ?

Les Arabes qui se sont montrés si historiens dans la suite, ont dû l’être un peu dès le début de l’Islam. Ils n’ont pas dû perdre tout à fait le souvenir des luttes auxquelles ils ont pris part. Des faits comme la prise de La Mecque et l’unification de toute l’Arabie n’ont pas pu se produire sans avoir laissé quelques marques fermes dans les mémoires. On sait du reste avec quel soin les anciens Arabes du paganisme gardaient le souvenir de leurs combats entre tribus, souvent numériquement peu importants, qu’ils appelaient leurs « journées ».

La critique dont nous parlons poussée à fond et si d’autre part on maintient l’authenticité du Coran, aboutirait à ce paradoxe : que les partisans de Mahomet auraient retenu exactement les discours pieux du Prophète, ses exhortations, au fur et à mesure qu’il les prononçait, et qu’ils auraient perdu tout souvenir des luttes physiques, des combats, des conquêtes, auxquels eux-mêmes se seraient trouvés mêlés. Le Coran aurait survécu, l’histoire aurait sombré.

LES PENSEURS DE L’iSLAM

Je reparlerai du Coran dans un autre chapitre. Concluons ici que nous le séparons nettement de l’histoire, et que nous admettons l’authenticité d’un large fonds de traditions, non pas principalement de celles qui consistent en commentaires pieux, lesquelles sont d’ailleurs fortement teintées de christianisme, mais de celles qui ont pour objet les principaux faits objectifs et externes, les faits politiques et militaires.

La tradition associe, Mahomet aux deux ou trois grands souvenirs de La Mecque antéislamique : elle le fait naître l’année de l’Eléphant, l’année où les Abyssins vinrent assiéger Sana‘â, comme nous l’avons vu ; elle lui donne pour aïeul £Abd el-Mottalib, le principal chef des Mecquois avant l’Islam ; et elle lui attribue le rôle le plus honorable dans la reconstruction de la Ka‘bah, dans les dernières années du paganisme : il aurait été choisi par les Koréïchites, malgré sa jeunesse, pour replacer la pierre noire. Cette dernière tradition a été contestée par Sprenger ; aucune des trois n’a grande solidité aux yeux de la critique actuelle.

La généalogie de Mahomet est (1) : Mohammed fils d’£Abd Allah, fils d’£Abd el-Mottalib,

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