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CHAPITRE IV. • — VIE DE MAHOMET

fils de Hâchim, fils d’‘Abd Ménâf... fils de Modar, fils de Nizâr, fils de Ma'add... fils de Thâbit, fils d’ Ismaël, fils d’Abraham ; en tout 30 générations, Mahomet et Abraham compris. On sait que de bonne heure les Arabes ont été généalogistes, et l’on a publié tout un traité sur les généalogies des Arabes. Il ne s’ensuit pas que ces séries de noms soient toujours exactes. Celle du Prophète présente des variantes, notamment entre Maeadd et Ismaël. Les Arabes païens ont-ils vraiment prétendu descendre d’ Ismaël ? Cela est bien invraisemblable ; ils ne connaissaient pas la Bible. Le désir de rattacher les tribus des Arabes aux personnages bibliques n’a pu venir qu’aux hanîf ou à des judéo-chrétiens versés dans l’Ecriture sainte. Ce sont eux qui auront localisé les légendes d’Abraham, d’Hagar et d’ Ismaël à La Mecque et qui auront fabriqué la partie de la généalogie reliant Ma‘add à Ismaël. Mahomet lui-même, paraît-il, ne reconnut pas l’authenticité de cette jonction ; il défendit de scruter les généalogies au-dessus de Ma'add.

En somme, les noms d’ancêtres vraiment authentiques pour les purs Arabes sont ceux de Rébîcah et de Modar, descendant ensemble de Nizâr fils de Ma‘add. Pour les Yéménites, que les généalogistes opposent aux Nizarites, l’ancêtre est Kahtan.

LES PENSEURS DE L’iSLAM

Il y a lieu de remarquer que les noms des enfants d’Ismaël donnés au chapitre XXV, versets 13-16 de la Genèse , n’ont pas le cachet arabe, et que les noms usités en Arabie et au Yémen ressemblent davantage à ceux des enfants de Céthura femme d’Abraham (id. versets 1-2) : Jeksan, Madan, Madian, Jesboc.

Les limites du pays attribué dans ce chapitre à la descendance d’Ismaël sont malheureusement fort obscures : ils habitent « depuis Hévîla jusqu’à Shûr qui regarde l’Egypte quand on entre en Syrie ». Supposons que Shûr soit un équivalent de Tsûr, Tyr. Hawîla est un pays entouré par un des fleuves du Paradis, le Phison, pays de sable et d’or (hébreu houl, sablé). Si nous comparons à la fable antique, le principal pays de l’or serait la Colchide et le fleuve serait le Phase ; si nous comparons aux données arabes, le principal pays de l’or est pour eux la Nubie et le fleuve serait le Nil. Il est malaisé de conclure.

Revenons-en à la parenté du Prophète. La tribu à laquelle appartenait ‘Abd el-Mottalib, son grand-père, était celle des Koréïchites. Cette célèbre tribu, qui résidait à La Mecque et dans les environs, était à ce moment-là divisée en plusieurs branches : il y avait 16 rameaux appelés les Koréïchites des Vallons, et 9, les Koréïchites de la banlieue (1).

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