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CHAPITRE IV

VIE DE MAHOMET

communauté musulmane apparaît déjà constituée et se manifeste militairement.

A la première période du séjour de Mahomet à Médine, la tradition rapporte la fondation de plusieurs des pratiques fondamentales de l’ Islam. C’est l’intention dans le Mahométisme de rapporter au Prophète ces pratiques essentielles, comme dans la tradition chrétienne, on rapporte à Jésus-Christ l’institution de l’Eglise et les sacrements. On admet aussi que Mahomet est le premier fondateur de le communauté musulmane et que c’est à lui personnellement que sont dues toutes les premières conversions. Cela n’est nullement certain. On peut imaginer qu’une communauté de genre judéo-chrétien était déjà presque formée au moment où Mahomet parut à Médine, qu’il en devint le chef et en modifia peu à peu le caractère. Pas mal de traits de l’Islam s’expliquent bien dans cette hypothèse.

La première mosquée aurait été fondée au moment même de l’arrivée de Mahomet à Médine à Kobâ, tout près de cette ville. Mais il est plus probable que Mahomet trouva à Médine des lieux de prière déjà établis. Le terrain dans cette ville dont il fut bientôt le maître devait être très préparé. Quant aux règles de la prière musulmane, elles ont visiblement leurs racines dans le monachisme chrétien.

LES PENSEURS DE L’iSLAM

L’appel à la prière, Yézan, aurait été institué de bonne heure, et la fonction de muezzin confiée à Bilâl. Les minarets existaient avant Y Islam ; les ermitages dans le désert en possédaient. Mais c’étaient plutôt des phares, comme le nom même le dit : minâreh, phare. Ils servaient de points de -repère aux voyageurs (1). Pour appeler aux offices, les Chrétiens faisaient usage de crécelles ( nawâwis ). Le rite, d’ailleurs très poétique et très beau, de l’appel par la voix humaine, ne put être mis en pratique qu’au moment où la communauté fut assez forte pour se distinguer des autres et pour qu’on tolérât cette manifestation publique.

La Qiblah, orientation vers La Mecque pendant la prière, est rapportée à ce temps. Ceci est vraisemblable. La communauté priait d’abord en se tournant vers Jérusalem, centre de la piété juive et chrétienne. Dès qu’elle eut pris son indépendance par rapport aux Judéo-Chrétiens et que le sentiment de l’arabisme se fut suffisamment éveillé, elle se retourna vers La Mecque, capitale du nationalisme arabe. Le Coran dit assez vaguement du reste (II, 139) : « Nous avons vu que tu tournais ton visage vers le ciel ; mais nous voulons que tu te tournes vers une Qiblah qui te plaira : tourne -toi vers le Saint-Temple. »

1. E. Doutté, Les Minarets et l'Appel à la prière, Alger, 1900.

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