‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 81 sur 235 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

VIE DE MAHOMET

et du Mihrdjan, d’une réforme du calendrier accomplie en Perse par les Khalifes arabes. L’intention des conquérants arabes avait été de suivre dans cette contrée les anciennes coutumes, d’après lesquelles on levait les taxes au Naurouz, le jour de l’an persan. Mais le Khalife, voyant des blés qui n’étaient pas mûrs au Naurouz, demanda comment il se faisait que l’on perçût les taxes avant la récolte ; le peuple en souffrait et se plaignait. Un mobed, un représentant de l’ancienne religion persane, expliqua que cela tenait à ce que, depuis l’islamisme, on avait négligé l’intercalation.

Toutefois Bîrouni dit plus loin que l’intercalation avait été négligée en Perse 70 ans avant la conquête arabe. Déjà le Khalife Oméyade Hîcham,fils d’£Abd el-Mélik, avait voulu remettre le Naurouz à sa place. On l’avait arrêté par le verset du Prophète : « L’intercalation est du paganisme. » Sous Réchîd, les propriétaires avaient encore demandé cette réforme au ministre barmékide Yahya ; mais Yahya dut reculer devant l’opposition qui l’accusait de vouloir favoriser le Zoroastrisme, sa religion d’origine. Motéwekkil passa outre aux objections et fit préparer la réforme ; mais il mourut avant d’avoir pu la réaliser. Elle fut enfin effectuée par MoTadid (1). Il fixa le Naurouz au 11 hazîran (juin roumi).

Page 1