Certains Arabes, entendant réciter d’anciennes
LES PENSEURS DE L’iSLAM
admet en outre (même page) qu’ AbouBekr d’abord et Othman ensuite ont pu avoir « des raisons fort simples... de remanier de fond en comble le texte sacré... et ce remaniement, d’après lui, a été fait avec une telle habileté que désormais il paraît impossible de reconstituer le Coran primitif ». Il se serait agi en l’espèce de supprimer ou de modifier des versets suggérant trop la crainte de la fin du monde, et de leur en substituer d’autres plus en rapport avec les ambitions terrestres de la jeune communauté musulmane. Ces lignes que je viens de citer sont très graves ; elles posent hardiment la question de l’authenticité du Coran, qui jusqu’ici n’avait pour ainsi dire pas été mise en doute. Je crois, pour ma part, que cette question peut être légitimement posée. Nous devons, comme critiques, examiner ce qu’est en somme le Coran, d’où il vient, comment il a été formé, et rechercher ce qu’il vaut comme témoin de la prédication de Mahomet, comme expression de son œuvre, de son caractère et de sa pensée. Cette question sera plus développée dans le chapitre qui va suivre.
poésies du temps du paganisme, croyaient que c’était le Coran.