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En conséquence il ne faut pas exagérer l’importance du Coran aux origines de l’Islam : il n’y fut presque pas connu. Ce n’est que lorsque les rites se régularisèrent que l’écriture se répandit, que les écoles et l’enseignement se'formèrent, — que le Coran devint le livre populaire, la base de la foi, du droit, et de toute la vie islamique. Auparavant, le sentiment direct et les nécessités ou les hasards de la conquête qui absorbait l’attention avaient tout conduit.

« L’écriture arabe existait avant Mahomet ; elle a été chrétienne avant d’être musulmane » (1). Elle a eu anciennement deux formes principales : le coufique et le neskhi, la première plus épaisse, plus forte et plus monumentale, l’autre plus déliée et plus cursive. Le neskhi n’est pas, malgré les apparences, plus jeune que le coufique. L’inscription bilingue de Harran, datée de l’an 568 du Christ, nous montre du coufique tirant déjà sur le neskhi. En 1825, Silvestre de Sacy a trouvé dans la collection égyptienne du Louvre des papyrus écrits en neskhi, dont le plus ancien est de peu postérieur à l’hégire, 660 Ch. Le coufique aurait été l’écriture de

1. Philippe Berger, Histoire de récriture dans l'antiquité, Paris, 1891, p. 287 et suiv.

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Syrie ; le neskhi, celle d’Egypte. Becker a publié des spécimens de papyrus du 1er siècle de l’hégire, qui sont en neskhi (1).

Le neskhi, qui est devenu l’écriture ordinaire de l’arabe, a survécu au coufi que. Celui-ci s’est conservé pur depuis le temps de Mahomet jusqu’au IVe siècle H., dit Noldeke (2), puis s’est altéré ; il servait comme unciale pour les Corans et pour les inscriptions. L’usage des points voyelles qui ont été d’abord de gros points en couleur, a été emprunté au syriaque. Les origines en ce qui concerne l’écrituie sont donc du côté chrétien.

Pour garder une impression plus concrète de l’histoire du Livre saint, jetons un coup d’œil sur quelques anciens Corans. La Bibliothèque nationale de Paris en possède une fort belle collection. Du n° 324 au n° 383, fonds arabe, les manuscrits de cette Bibliothèque sont des fragments de Corans en coufique, qui ont été classés par Amari. Ce sont des feuillets de parchemin au nombre d’environ 4.800, provenant de 227 exemplaires du Coran. Asselin de Cherville, agent du Consulat de France, en Egypte, avait recueilli ces fragments au Caire ; la Bibliothèque en a fait l’acquisition en 1830.

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