‹ Les penseurs de l'IslamChapitre 92 sur 235 · Becker, Papyri Schott-Reirihardt · texte numérisé non relu

Becker, Papyri Schott-Reirihardt

2. Geschichte des Qorâns, lre éd. , Gœttingen, 186C, p. 302 et suiv.

Les plus anciens de ces morceaux sont indiqués comme étant du IIe siècle de l’hégire, même du commencement du IIe siècle, sans doute au jugement d’Amari. Le n° 324 est du début de ce siècle ; une quinzaine d’autres y sont rapportés ; le reste est des IIIe, IVe et Ve siècles. Ces volumes contiennent des fragments d’un grand nombre de sourates, appartenant aux différentes parties du livre et qui sont tels que nous les connaissons. Ils confirment les données de l’histoire sur l’ancienneté et la fixité du texte coranique.

L’apparence liturgique de ces livres ou albums est ensuite ce qui frappe davantage. Ils sont écrits fort gros, surtout les plus anciens. Complets, ils devaient être très volumineux ; ils étaient difficilement maniables, et ils rappellent les gros missels de nos églises destinés à être lus de loin et posés sur des pupitres ou sur des lutrins. Au moins, pour des Orientaux qui s’asseyent par terre, devaient-ils être placés sur des bancs. Tout indique qu’ils étaient faits pour la lecture psalmodiée. Leur ornementation aussi, qui est assez recherchée, et le caractère artistique marqué de l’écriture, donnent cette impression que l’on a affaire à des volumes consacrés aux usages du culte.

Le n° 324, qui contient des fragments de 24 sourates, surtout des dernières, est écrit dans une grosse écriture carrée, d’un style raide « tel,

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dit le calalogue, que devaient l’offrir les premiers essais d’écriture coufique ». Pas de points voyelles ; de rares points diacritiques. Les versets sont séparés. C’est très large, très beau, très monumental ; les caractères ont de 4 à 5 centimètres de haut. Il s’agit évidemment d’un livre de cérémonie. Comme décoration, des bandes en manière de ceintures, coloriées, avec des dessins qui paraissent provenir du tissage ou des tapis ; le style semble égyptien.

En ce qui concerne la séparation du texte en versets, on remarquera que c’est un usage chrétien. Malgré l’assonance, elle n’était point indipensable pour le Coran ; le mouvement oratoire ou la suite des idées s’accommoderaient mieux d’une division en paragraphes. Il est à croire que les calligraphes musulmans ont été instruits en ceci par des chrétiens.

Le numéro 325 est d’une calligraphie très ferme, très fi ère, avec des lettres largement allongées sur la ligne, d’autres pelotonnées en formes arrondies ; les dents et les pointes sont superbes. Comme ornements, des rosaces et des espèces de palmes, gracieuses, en or avec un peu de rouge, de vert et de noir (1).

1. Il existe une Paléographie arabe de Moritz contenant des spécimens de beaucoup de Corans anciens du Caire, depuis les plus grands caractères jusqu’aux plus petits. B. Moritz, Arabie Palæography , in-folio, 1906.

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