CHAPITRE VI. - LA CONQUÊTE ARABE
relativement modeste, sincère, sensible, croyante. Son caractère aurait approché de l’ascétisme. Khalife, il recevait de riches ambassades, vêtu lui-même d’une simple chemise et d’un manteau. Un roi yéménite, dit-on, l’imita, et comme on reprochait à ce dernier cette simplicité, qui pouvait nuire à son prestige aux yeux des Arabes, il répondit : « Voulez-vous que je sois dans l’islam un prince orgueilleux comme je l’ai été à l’époque de l’ignorance ? Non, il n’y a de vraie soumission à Dieu (islam) que par l’humilité et l’ascétisme (zohd) » (1). Ces traditions sont évidemment forgées sous une influence mystique et chrétienne. Les paroles que l’on prête à Abou Bekr à son lit de mort et divers proverbes qui lui sont attribués, — ainsi que d’autres attribués à Mahomet et à Omar — dans Mas‘oudi,. Méïdâni, etc., sont dus à des écoles philosophico-mystiques, et ne sauraient être regardés comme authentiques.
La critique de Lammens tend à rabaisser le caractère d’Abou Bekr ; elle en fait un petit commerçant, de naissance obscure, d’esprit très positif ; puis ce commerçant s’enrichit et se transforme en un politique habile et audacieux. Il fonde avec Omar et Abou ‘Obéïdah, un Triumvirat (2) du vivant même du Prophète. A la